Cela va faire un an qu’ils espèrent leur licenciement. Alors qu’en juin 2024, l’essentiel de la rédaction mensualisée du site féminin et féministe d’information Madmoizelle a été licenciée, les journalistes rémunérés à la pige sont, eux, restés en plan. « Nous sommes les oublié.e.s », résume Marie Albert, porte-parole improvisée des pigistes de Madmoizelle.com. Déterminé à faire respecter leurs droits, le collectif compterait encore une petite dizaine de journalistes, contre une trentaine à sa formation.
La loi Cressard de 1974, qui s’applique dans leur cas, stipule que « toute convention par laquelle une entreprise de presse s’assure, moyennant rémunération, le concours d’un journaliste professionnel, est présumée être un contrat de travail ». Qu’importent le nombre d’articles produits par le journaliste, le montant de la rémunération ou encore, « la qualification donnée à la convention », précise encore la loi : la fin de la collaboration doit s’accompagner d’un licenciement et des indemnités afférentes. Malgré une promesse de maintien d’un certain volume de piges, une seule journaliste aurait réussi à travailler, modestement, pour un autre titre du groupe Humanoid (Numerama, Frandoid), acquéreur de Madmoizelle.com en 2020.






