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e parti Les Républicains (LR) a un nouveau président, qui plus est bien élu. En obtenant, dimanche 18 mai, 74,3 % des suffrages des adhérents, Bruno Retailleau a non seulement remporté une victoire incontestable face à Laurent Wauquiez, mais il a aussi créé une dynamique en renversant celui qui, depuis 2017, se voyait comme le candidat naturel de son camp sans parvenir à le rassembler ni à créer un engouement dans l’opinion. L’effet surprise provoqué par le ministre de l’intérieur, qui a incarné pendant dix ans une droite sénatoriale à la fois ferme sur ses valeurs et ouverte au compromis avec le centre, constitue pour ce parti la première bonne nouvelle depuis très longtemps.

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Et pourtant, sur le fond rien n’est réglé, ni le leadership, ni la ligne, ni les alliances. L’étroitesse des thèmes abordés pendant la campagne – sécurité, immigration, travail –, alors que l’ordre mondial se trouve complètement bouleversé par le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, l’absence de différence de fond entre les deux compétiteurs, qui ont dépeint une France à feu et à sang pour survaloriser les thèmes identitaire et sécuritaire, montrent à quel point la droite républicaine, qui incarnait naguère l’alternance, s’est rétrécie. Le parti ne compte plus que 120 000 adhérents, selon les chiffres avancés par la direction, et 98 100 votants, selon les résultats du scrutin des 17 et 18 mai.