Le personnel médical assiste les patients atteints de Covid-19, à l’hôpital Charles Nicolle à Tunis, en Tunisie, le 13 juillet 2021. JIHED ABIDELLAOUI / REUTERS
Lorsque, six ans plus tôt, elle décrochait son baccalauréat mention très bien et intégrait la prestigieuse faculté de médecine de Tunis, Molka Berrebah était loin d’imaginer qu’elle exercerait dans de telles conditions. Salaires dérisoires, pénurie de personnel et de matériel, retards de paiements… L’hôpital public tunisien ne fait pas de cadeaux aux nouveaux venus. En tant qu’interne – l’année intermédiaire qui correspond à la dernière année d’externat en France –, l’étudiante de 24 ans enchaîne les gardes à un rythme effréné.
Variables d’ajustement d’un système de santé à bout de souffle, les jeunes médecins sont corvéables à merci. En stage au service d’orthopédie de l’hôpital Charles Nicolle de Tunis, Molka Berrebah doit gérer, avec les résidents de garde – l’équivalent des internes en France –, l’ensemble du service. La chambre de repos ne dispose que de trois lits, puisque, théoriquement, seuls deux résidents et un interne sont censés y travailler. Mais, pour faire tourner le service, jusqu’à cinq résidents peuvent parfois assurer la garde, dont trois ne sont pas reconnus par l’Etat et ne sont donc pas rémunérés.






