L’écrivaine américaine Anne Tyler. MICHAEL LIONSTAR

« Trois jours en juin » (Three Days in June), d’Anne Tyler, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Cyrielle Ayakatsikas, Phébus, 192 p., 20,90 €, numérique 15 €.

Jeu de miroirs entre deux histoires symétriques, Trois jours en juin, le nouveau roman de l’écrivaine américaine Anne Tyler, est un trompe-l’œil situationniste. Si le mariage de Debbie, la fille de Gail et Max, ainsi que sa préparation, met la focale sur le couple que la jeune femme forme avec Kenneth, il va surtout cristalliser une crise heureuse, une prise de conscience chez ses parents séparés depuis longtemps, opérant en eux une révolution copernicienne en accéléré – une vie entière passée à la moulinette.

La crainte de Max, « Comment on va réussir à répondre en chœur ? », si elle porte sur des questions d’étiquette (le moment où, en tant que parents de la mariée, ils donneront leur bénédiction à cette union, parlant à l’unisson alors qu’ils ne sont plus ensemble), est programmatique. Au terme de ces trois jours suspendus, Gail, 61 ans, se retrouvera devant un dilemme : confirmera-t-elle ses choix de vie, acceptant un changement dans la continuité (reprendre son premier métier, prof de maths, dans l’école dont elle était directrice adjointe, à Baltimore), ou optera-t-elle pour une continuité neuve dans le changement (déménager pour enseigner dans celle de Max, dans l’Est, et, qui sait, renouer avec lui) ?