Une nuée d’étourneaux, après sans doute un long voyage, élut domicile sur une rangée d’arbres qui longeait la route à côté de chez nous. On soupçonne peu le goût de ces oiseaux pour l’arithmétique, mais voici ce qu’aurait pu entendre quiconque aurait pris la peine d’étudier leur langage.
Les oiseaux du premier arbre dirent à ceux du deuxième :
« Si l’un de vous nous rejoignait, nous serions autant d’oiseaux sur nos deux arbres. »
Les oiseaux du deuxième arbre approuvèrent et se retournèrent alors vers ceux du troisième pour leur dire exactement la même chose. Puis les oiseaux du troisième arbre tinrent le même discours à ceux du quatrième et ainsi de suite jusqu’à ceux de l’avant-dernier arbre qui affirmèrent à leur tour à ceux du dernier que si l’un d’eux les rejoignait ils seraient en nombre égal sur leurs deux arbres.
Les oiseaux se trouvaient extrêmement satisfaits de cette parfaite répartition numérique, mais, après quelques réflexions, ceux du dernier arbre lancèrent à tous les autres :






