Des Kényans de différentes religions manifestent contre l’homosexualité, à Nairobi, le 6 octobre 2023. LUIS TATO / AFP
Il est environ 10 heures, mardi 13 mai, à l’hôtel Boma Inn de Nairobi, et la conférence sur « les dangers de l’éducation sexuelle » a débuté depuis une dizaine de minutes. Sur l’estrade, Sharon Slater, la présidente de l’organisation chrétienne Family Watch International, devise sur « les menaces extérieures » pesant sur les sociétés africaines.
Sur le grand écran de la salle de réception, elle projette une image tirée d’une brochure destinée à la jeunesse. De tels ouvrages pousseraient les enfants à avoir, trop jeunes, des relations sexuelles, explique-t-elle avant de pointer un doigt sur la couverture de l’un des fascicules. On y voit une femme en pagne, seins nus. « De la pédopornographie », assène la conférencière. Derrière elle, la photographie d’Adolf Hitler apparaît, accompagnée d’une citation : « Qui tient la jeunesse tient l’avenir. »
La présentation de Sharon Slater est l’une des multiples tables rondes de la seconde édition de la Conférence panafricaine sur les valeurs familiales, un raout de chrétiens ultraconservateurs, majoritairement américains et européens, organisé par le Forum des professionnels chrétiens d’Afrique (ACPF). L’événement se tient à Nairobi du 12 au 17 mai et se donne pour mission d’« alerter sur les menaces » pesant sur « la souveraineté des nations africaines et leurs valeurs culturelles ».






