Publié le 12 septembre 2026 à 20:49. / Modifié le 12 septembre 2026 à 20:50.

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«Bichette»; «Ma petite fée»; «Pancrilla». Ce sont les surnoms affectueux que t’a donnés, mon cher pancréas, le grand écrivain hongrois Péter Esterházy qui est mort d’un cancer de toi. Il le fait dans une autofiction parue l’an dernier, intitulée «Journal intime d’un pancréas». Il y raconte sa maladie, son déclin erratique et la transmutation de son agonie en livre pétri d’ironie tendre. Bichette. Bichette!!!Mon cher pancréas. Paix à l’âme d’Esterházy. Mais il faut tenir une sacrée couche (ou être un vrai écrivain, puisque écrire, c’est tenir la mort en respect) pour t’appeler «Bichette». Si je devais te surnommer, mon cher pancréas, je t’appellerais «agent de l’ombre», «lobbyiste louche», «machiavel de mon abdomen», «complotiste de mon bide». Je sais que je ne devrais pas. Les cancers du pancréas ne sont-ils pas en hausse? N’ont-ils pas fauché environ 1500 personnes en Suisse entre 2018 et 2022?Tu es lové, mon cher pancréas, derrière mon estomac et devant ma colonne vertébrale – soit plus haut dans le buste qu’on ne l’imagine généralement. Tu es la deuxième plus grande glande de mon corps, après le foie, ton voisin et collègue. Tu mesures 15 centimètres de long, 5 de large, 2 ou 3 d’épaisseur. Tu pèses entre 80 et 120 grammes. Et c’est vrai qu’au regard de ton poids, de ta taille et de la laideur de ta couleur jaune «pisson», tu fais des prodiges: tu usines et produis entre 1,5 et 3 litres de sécrétions saturées en enzymes, sans oublier 60 grammes de protéines. Pas mal pour une bichette!