Publié le 11/09/2026 20:47

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Près de quatre tonnes de cocaïne ont été saisies dans le port de Dunkerque par la brigade des douanes, pour un montant de 225 millions d’euros. La ville n’était pas considérée comme un site majeur, mais face à une surveillance de plus en plus présente, les trafiquants réinventent-ils leur route de la drogue ?

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.Des paquets entreposés par dizaines : près de quatre tonnes de cocaïne, réparties dans 167 ballots. Les douaniers ont découvert la drogue, dissimulée au milieu de déchets plastiques, en ouvrant un conteneur. La saisie est l'une des plus importantes de l'année à Dunkerque (Nord). Sa valeur atteint les 225 millions d'euros. "Ce n'est pas tous les jours qu'on fait 4 tonnes de saisie de cocaïne, mais ce n'est pas un cas isolé. On voit bien que l'inondation du narcotrafic ces dernières années devient malheureusement régulière", commente Laurent Cesco, le secrétaire général adjoint de la CFDT Douanes. Le conteneur, en provenance du Ghana, était à destination du port d'Anvers en Belgique. Dans son communiqué, le Parquet National Anticriminalité Organisée affirme que la totalité du produit saisi a d'ores et déjà été détruite.Une prise majeure à Dunkerque, le troisième port de France, devenu voie d'entrée privilégiée des trafiquants. Ici, les saisies exceptionnelles se multiplient. Le 7 février dernier, par exemple, 1,9 tonne a été trouvée par les douanes dans des sacs de sport. Cinq jours plus tard, dissimulés derrière des palettes de boissons, ils découvraient 8 autres tonnes de cocaïne. Des saisies qui ne surprennent plus les habitants. "C'est très difficile de tout contrôler, certainement dans les conteneurs, évidemment. Mais c'est incontournable", avance l'un d'eux. "C'est vrai que c'est quelque chose qui se banalise complètement. C'est ça le problème aussi, l'offre et la demande", déplore une femme.Dunkerque est une cible stratégique en lien direct avec l'autoroute A16 reliant la Belgique à Paris, ou l'A25 qui file vers Lille. Pour faire prospérer leur trafic, les organisations criminelles n'hésitent pas à corrompre certains dockers ou transporteurs. C'est ce qui serait arrivé aux clients de Me Patrick Lambert, avocat à Lille (Nord). Interpellé en 2021 à Dunkerque, il transportait 250 kilos de cocaïne, mais dit avoir été menacé pour le faire. "Les commanditaires vont se renseigner sur des personnes qui peuvent être peut-être plus vulnérables ou plus sensibles à l'appât du gain. Les commanditaires vont exercer un certain nombre de pressions : On sait où tu vis, on sait où ton épouse travaille, on sait quel établissement scolaire ton fils fréquente", raconte-t-il. 80% des drogues consommées en France arrivent par la mer. Les principaux ports renforcent leur sécurité. Alors, les narcotrafiquants se reportent vers de plus petites villes. "Comme il y a une sécurité plus importante maintenant dans le port du Havre, on utilise, ils utilisent des ports différents, le port de Dunkerque, le port de Montoir de Bretagne, le port de Sète, enfin voilà, il y a plein de ports. Donc la France est très exposée parce qu'elle a une façade maritime très importante", commente Bertrand Monnet, professeur à l’EDGEC, spécialiste de l’économie criminelle. Le port de Dunkerque multiplie les mesures pour endiguer le trafic. "À chaque fois qu'une voiture passe un poste de garde, la plaque d'immatriculation est filmée. Ils ont même mis en place des enquêtes administratives sur l'ensemble des travailleurs qui ont le droit d'accéder à ces sites", expliquait Ludovic Dewynter, le secrétaire général de la CGT des travailleurs portuaires de Dunkerque, au mois de mars. En 2025, la douane française a saisi près de 110 tonnes de stupéfiants en France, tous produits confondus.