Publié le 10/09/2026 10:04
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France Télévisions
Une fois nos données volées, elles sont souvent revendues "à la découpe", sur des sites internet clandestins, à des arnaqueurs qui s’en servent pour cibler leurs victimes. Dans cette organisation, chaque escroc a un rôle bien défini. Extrait d'une enquête à voir le 10 septembre sur France 2.
Chaque année, les données de millions de Français sont volées par des pirates qui attaquent les systèmes informatiques d’entreprises et d’administrations. En 2025, la CNIL a comptabilisé 6 125 violations de données. L'été 2026 a été marqué par de nombreuses cyber-attaques sur les systèmes informatiques de la DGFIP ou de l’Éducation nationale. Que deviennent ces données volées ? À quoi servent-elles ?"Cash Investigation" s’est intéressé aux acheteurs de données volées dans les systèmes informatiques d’entreprises ou d’administrations. Ces escrocs viennent du monde entier, mais il existe bel et bien des réseaux en France, que le magazine a réussi à infiltrer.Certains de ces réseaux, bien organisés, proposent même à la vente des fiches "prêtes à l’emploi". Ainsi, une fois qu’une base de données est piratée, par exemple dans une entreprise ou une administration, les cybercriminels peuvent acheter, à l’unité ou par lots, les fiches de clients selon des critères très précis : leur département, leur tranche d’âge, le nom de leur banque...Le but, c'est de soutirer à la victime son numéro de carte bancaire. Pour ce faire, elle est d'abord "hameçonnée" par un SMS ou un appel frauduleux, puis orientée vers un faux site marchand sur lequel elle entre ses codes et les valide. Mais en réalité, ce sera l'escroc qui recevra ces informations directement sur son téléphone !Ces réseaux cybercriminels se structurent en trois spécialités. D’abord, le "vendeur" de données volées, qui récupère les énormes bases clients, les trie et met en vente sur des canaux Telegram. Ceux qui les acquièrent, ce sont les "alloteurs", le surnom de ceux qui inondent vos téléphones de SMS ou d'appels frauduleux. Et ces derniers font appel à des "techniciens" qui créent de fausses pages internet, du type Assurance Maladie, Doctolib, Mondial Relay... pour davantage de crédibilité.Florissant, le secteur tourne à plein régime, et certains "vendeurs" font même la pub de leur "formation spéciale arnaque", expliquant en vidéo toutes les étapes de l'escroquerie.Les "alloteurs", eux, contactent les victimes par téléphone, se faisant passer, par exemple, pour des conseillers bancaires. Sous prétexte de vérifier des informations ou d'alerter sur une transaction suspecte, ils leur soutirent leur numéro de carte bancaire et leurs codes de connexion.Tout est pensé : pour mieux arnaquer leurs cibles, les "alloteurs" s’échangent même des scénarios qui anticipent leurs réactions. "Cash Investigation" s'est procuré certains de ces scripts, où l'on découvre des consignes précises et de nombreux conseils pour obtenir leur confiance, puis les berner. Les informations personnelles piratées au préalable sont très utiles aux "alloteurs" : nom, prénom, adresse, date de naissance... plus l'escroc en sait sur sa victime, plus la tâche est facile !Ces arnaqueurs de l’ombre risquent jusqu’à dix ans de prison et 1 million d’euros d’amende, mais leur commerce est extrêmement lucratif. L’impact financier des "fraudes par manipulation" s'est élevé, en 2024, à 382 millions d’euros, un chiffre qui ne cesse d'augmenter.Extrait de "Cyber-arnaques : État et entreprises nous protègent-ils vraiment ?", une enquête de François Cardona diffusée dans "Cash Investigation" le 10 septembre 2026.> Les replays des magazines d'info de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo, rubrique "Les émissions".







