Son ex-meilleur ami était un prédateur : la photographe Sylvie Castioni raconte comment elle a démasqué ce violeur en série
C'est une pièce de théâtre qui a été le déclic. Après avoir assisté au seul en scène Les Chatouilles d'André Bescond, Sylvie Castioni, à l'époque photographe de mode, réalise qu'elle a été victime de violences sexuelles dans son enfance. C'est une déflagration : elle sort d'amnésie traumatique et sa vision du monde change. Jusqu'à se rendre compte que son meilleur ami, agent de mannequin avec qui elle partage même son pied-à-terre parisien, a tous les traits d'un "prédateur".
Sylvie Castioni se souvient de ce jour où une mannequin se confie à elle dans l'appartement qu'ils partagent : elle lui raconte que son passeport lui a été confisqué. De fil en aiguille, d'autres jeunes filles lui décrivent des faits de séquestration et de viols. "Je me sens trahie, explique-t-elle dans Les Voix du crime. Je suis très en colère parce qu'il me manipulait. Constamment, il me disait qu'il faisait attention aux mannequins. Je n'avais vraiment aucune idée de ce que lui pouvait faire quand je n'étais pas là."
C'est ainsi qu'elle décide d'enquêter et de rassembler les preuves nécessaires à ce qu'il soit poursuivi devant la justice. "J'ai fait le travail de la police, résume Sylvie Castioni. J'ai demandé aux jeunes femmes qui vivaient encore dans l'appartement de rencontrer celles qui étaient sorties d'emprise, celles qui ne travaillaient plus avec lui (...) J'ai demandé, quand il était sous la douche, à certaines de prendre en photo son passeport, par exemple."












