Les premières discussions à Kiev avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, ont été « très significatives », a affirmé dimanche Steve Witkoff, l’un des deux émissaires américains, porteurs selon Donald Trump d’une proposition destinée à mettre fin au conflit avec la Russie.« Nous espérons poursuivre cela aussi longtemps qu’il le faudra », a poursuivi M. Witkoff, s’exprimant devant la presse après une première session de pourparlers avec le président Volodymyr Zelensky.« Espérons que ce voyage aura permis de dégager de nouvelles pistes pour avancer. Je pense que nous avons beaucoup appris », a déclaré pour sa part son collègue Jared Kushner, selon un journaliste de l’AFP sur place.Une autre session de pourparlers impliquant les deux envoyés américains, la délégation ukrainienne et des conseillers européens, respectivement l’Allemand Günter Sautter, le Britannique Jonathan Powell et le Français Emmanuel Bonne, a également eu lieu.Une conférence de presse des émissaires américains et du président ukrainien doit suivre ces discussions.« Je crois que chacune de ces rencontres fondamentales nous rapproche de la paix », a déclaré M. Zelensky à la presse. « Nous remercions les États-Unis pour leur soutien ainsi que le président Trump d’avoir donné à la délégation américaine l’occasion d’être ici », a-t-il ajouté.Il s’agit de la première visite en Ukraine de M. Witkoff, un homme d’affaires proche de M. Trump, et M. Kushner, le gendre du président américain, depuis le début de leur travail de médiateurs.Depuis son retour à la Maison-Blanche début 2025, Donald Trump a amorcé plusieurs cycles de discussions pour trouver une issue à la guerre déclenchée par l’invasion russe de 2022, la plus meurtrière en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais ces tentatives n’ont jusqu’à présent mené à aucune avancée tangible.Revenus en Pologne après leur escale en Russie, Steve Witkoff et Jared Kushner sont arrivés en train à la gare centrale de Kiev en fin de matinée, selon un photographe de l’Agence France-Presse (AFP).Les négociations bloquent essentiellement sur la question territoriale, Moscou exigeant que l’armée ukrainienne se retire entièrement de la région orientale de Donetsk — son objectif prioritaire —, ce que Kiev refuse catégoriquement.« On espère que ces négociations résoudront quelque chose, en tant qu’Ukrainienne, je veux que cela ait lieu avec une préservation de nos territoires », affirme à l’AFP Ioulia, 41 ans, rencontrée à Kiev. Elle dit venir des territoires sous occupation russe et travailler comme femme de ménage.Iaroslav, 29 ans, un autre habitant de Kiev qui refuse de donner son nom de famille, est sceptique : « Il y a déjà eu tellement de négociations » sans que la paix n’advienne, dit-il à l’AFP.« Un certain nombre d’idées »Vladimir Poutine s’est entretenu pendant trois heures samedi soir avec Steve Witkoff et Jared Kushner, une conversation que le conseiller du Kremlin Iouri Ouchakov a qualifiée de « constructive, extrêmement franche et empreinte de confiance ».Selon M. Ouchakov, les représentants américains ont « présenté un certain nombre d’idées sur les voies possibles menant à un règlement ». La partie russe « s’est dite confiante dans la réalisation des objectifs fixés », a-t-il ajouté, sans dévoiler ces derniers.