Un agent de la police américaine de l’immigration (ICE) a été remis en liberté vendredi après avoir comparu devant le tribunal pour avoir menti aux enquêteurs au sujet des circonstances ayant conduit à la fusillade d’un Vénézuélien lors de la vague de répression contre l’immigration menée dans le Minnesota l’hiver dernier.Un acte d’accusation fédéral reproche à Christian Castro d’avoir faussement déclaré aux enquêteurs qu’il avait été attaqué avec un balai et une pelle avant d’ouvrir le feu, blessant Julio Cesar Sosa-Celis en janvier.Castro, menotté aux poignets, à la taille et aux pieds, a comparu lors d’une brève audience devant le tribunal fédéral de McAllen après s’être rendu aux autorités jeudi soir. Le juge a ordonné sa libération moyennant une caution non garantie de 75 000 $US et le port d’un bracelet électronique GPS.Les avocats de la défense, David A. Lindenmuth et Rolando Cantu, ont indiqué que Castro avait l’intention de plaider non coupable dans cette affaire. Il a été sommé de comparaître à nouveau devant le tribunal fédéral du Minnesota le 18 septembre.Il s’agit de la première poursuite engagée par le ministère de la Justice à l’encontre d’un agent de la police fédérale américaine (FBI) pour des faits survenus lors de la vaste opération « Metro Surge » menée cette année, qui avait mobilisé des milliers d’agents dans les Twin Cities et donné lieu à des manifestations de grande ampleur, à des arrestations et à une fusillade ayant entraîné la mort de deux citoyens américains aux mains d’agents de la police fédérale américaine (FBI).Les chefs d’accusation figurant dans l’acte d’accusation fédéral reprennent ceux retenus par les autorités du Minnesota, qui ont par ailleurs inculpé M. Castro d’agression et de fausse déclaration concernant un crime lié à la fusillade non mortelle dont a été victime M. Sosa-Celis.Selon l’acte d’accusation fédéral, Castro a raconté à un agent de la police fédérale américaine qu’un homme avait saisi un balai rouge sur un perron et avait commencé à le frapper avec tandis qu’il tentait d’interpeller un autre homme devant une maison de Minneapolis. Castro a également affirmé qu’un autre homme l’avait frappé avec une pelle à neige et qu’il avait ouvert le feu alors qu’il était à terre, tandis que les hommes s’enfuyaient.L’acte d’accusation allègue que Castro a eu une brève « altercation physique » avec M. Sosa-Celis et un autre homme, avant que ces deux-là ne se réfugient dans une maison où se trouvait un enfant d’un an. Castro a ensuite tiré un coup de feu à travers la porte d’entrée alors qu’il se tenait debout et que les hommes commençaient à la fermer, touchant M. Sosa-Celis à la jambe, selon l’acte d’accusation.