On l’attendait, et voilà : le président américain, Donald Trump, a répliqué aux contre-tarifs canadiens de Mark Carney. Certains produits canadiens ne pourront carrément plus être importés aux États-Unis, comme des alcools, des motocyclettes ou encore une poignée de produits laitiers industriels.Après une journée entière au cours de laquelle s’appliquaient les nouveaux droits de douane de rétorsion canadiens, le président Trump a publié en début de soirée mardi une série de trois décrets où il interdit l’importation de certains biens canadiens dès le 29 septembre. Toute une liste d’alcools canadiens sera interdite d’entrée aux États-Unis, comme la bière, le vin, le cidre, ou encore des alcools forts tels le whisky, le rhum, la vodka ou la tequila. C’est aussi le cas de certains produits agricoles, des bières sans alcool et des motocyclettes.Dans deux autres décrets, le président américain impose de nouveaux droits de douane de 50 % dès le 15 septembre. Produits laitiers, matériaux de construction ou produits du bois s’ajoutent à la liste déjà très longue de produits surtaxés en vertu de l’article 338 de la Loi sur les tarifs, ressortie des boules à mites par Donald Trump en juillet, à la surprise générale.C’est cette lointaine loi oubliée et spontanément ressortie qui a marqué le début d’un nouveau chapitre dans la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis, et provoqué une réplique « dollar pour dollar » du gouvernement Carney. Cette réplique est entrée en vigueur mardi.Les décrets s’ajoutent à l’annonce de Donald Trump en fin d’après-midi mardi, dans laquelle il demande que soient exclues les entreprises canadiennes des appels d’offres pour des contrats publics américains.L’agence fédérale américaine chargée de gérer les contrats d’approvisionnement des États, la General Services Administration (GSA), devra « prendre toutes les mesures nécessaires pour retirer les produits d’origine canadienne [de ses] listes de fournisseurs agréés », a-t-il écrit dans sa publication.Lorsque ces lignes ont été écrites, rien n’avait officiellement changé sur le site Web de la GSA, et rien n’indiquait que les entreprises canadiennes étaient désormais exclues de l’approvisionnement public américain. La Maison-Blanche n’avait pas non plus publié d’information à ce sujet.Le président américain a précisé que sa nouvelle mesure restera en place « à moins que le Canada ne rétablisse une réciprocité totale et équitable pour les agriculteurs et les entreprises américains ».