Plafonner les prix de l'essence ? Non

Ces derniers jours en France, le sans-plomb 95 a atteint le prix de 2,09 euros en moyenne, au plus haut depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Alors que le ministère de l'Économie accueille ce mercredi 9 septembre les distributeurs, le président de grande surface Michel-Édouard Leclerc considère que c'est à l'État d'imposer un plafond des prix du carburant. Le président de l’enseigne E.Leclerc. a même assuré mardi sur Europe 1 et CNews que ce plafonnement était "inéluctable".

Le plafonnement des prix à la pompe est possible, TotalEnergies le fait déjà : il stabilise les prix en station en perdant un peu d'argent à la vente, mais en puisant dans les gros bénéfices qu'il produit par ailleurs. Quant à savoir si l'État peut plafonner les prix des carburants, il l'avait déjà mis en place en plein choc pétrolier en 1979.

Le gouvernement impose un tarif maximal dans les stations-service et réétudie la situation à intervalles réguliers. L'État pourrait donc décider de stopper le prix du diesel à 2,25 euros. Mais il n'y aurait plus une seule station-service ouverte dans le pays si le prix réel du litre était à 2,40 euros.

L'État n'a "pas les moyens de plafonner"Pour qu'un système de plafonnement étatisé fonctionne, il faut que l'État compense le manque à gagner. Autrement dit, qu'il paie la différence. Alors en passant de 1,70 euros en janvier à 2,40 euros dans quelques semaines, l'État gagnerait 14 centimes de plus de TVA par litre. Le gouvernement devrait rembourser 15 centimes par litre à chaque station en imposant un prix à 2,25 euros.