Notre enquête sur le grand retard de la rénovation énergétique des écoles

La chaleur dans les écoles n'est plus un épisode ponctuel, mais un révélateur du retard pris dans la rénovation des bâtiments scolaires. Cet été, 4.000 écoles ont dû fermer à un moment ou à un autre en raison des températures trop élevées. Lors de la rentrée encore, deux lycées de Montpellier et de Sète ont renvoyé les élèves chez eux, avec jusqu'à 36°C dans les classes.

Après la canicule de 2022, l'exécutif avait pourtant annoncé ce qui devait être le "chantier du siècle" : rénover 40.000 écoles en dix ans, dont 10.000 d'ici 2027. L'objectif était clair : mieux isoler les bâtiments, installer des volets, améliorer la ventilation, pour faire face aux épisodes de chaleur comme aux périodes de froid. Mais sur le terrain, le décalage entre les annonces et la réalité est massif.

Un objectif de 10.000 établissements rénovésLe retard est d'autant plus important que 80% des écoles en France ont plus de 50 ans. Beaucoup de bâtiments sont mal adaptés aux températures extrêmes : trop chauds l'été, trop froids l'hiver. Le plan porté à l'époque par Christophe Béchu, alors ministre de l'Écologie, devait être financé par le fonds vert, créé pour adapter la France au réchauffement climatique.