Publié le 08/09/2026 08:54

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France Télévisions

Laurent Panifous, ministre chargé des Relations avec le Parlement était l’invité politique de franceinfo mardi 8 septembre.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.France Télévisions : Nous sommes à trois semaines de la présentation du budget 2027 en Conseil des ministres, mais on voit qu’il échauffe déjà les esprits. Lundi 7 septembre, Sébastien Lecornu a annoncé saisir la justice après des fuites dans la presse sur une éventuelle imposition de l’épargne salariale. Pourquoi cette plainte ?Laurent Panifous, ministre chargé des Relations avec le Parlement : La construction d’un budget de l’État, des collectivités, de la Sécurité sociale, c’est quelque chose d’éminemment complexe. Les Françaises et les Français peuvent comprendre qu’il y a des milliers d’hypothèses de travail quand on prépare ce type de budget, notamment dans un contexte économique budgétaire extrêmement difficile que nous constatons tous les jours. Et qu’un conseiller ou autre puisse faire en sorte qu’un élément de travail devienne une information débattue sur les plateaux de télé toute la journée, ça pose un vrai problème.C’est devenu aussi une information parce que Roland Lescure, le ministre de l’Économie lundi matin, a confirmé cette piste : "Oui, l’imposition de l’épargne salariale fait partie des pistes." Il a parlé trop vite ?Ce que je vous dis, c’est qu’il existe des milliers d’hypothèses de travail pour chacun des domaines, pour chacun des trois budgets que j’évoquais : l’État, les collectivités, celui de la Sécurité sociale. Si à chaque fois qu’il y a une hypothèse de travail, on en fait une information, alors oui, ça déstabilise. Oui, ça perturbe le travail et la préparation de ce budget. Dans quelques jours, à la fin du mois, le budget et les arbitrages donnés par le Premier ministre seront présentés à la représentation nationale. Attendons quelques jours.Vous connaissez la politique, les fuites, c’est vieux comme le monde et c’est souvent instrumentalisé par les ministres, les conseillers eux-mêmes, pour voir comment la proposition prend auprès de l’opinion publique. Il y a eu beaucoup de Premiers ministres qui ont eu des fuites. Pourquoi Sébastien Lecornu s’est-il dit : "Cette fois-ci, je porte plainte" ?Des fuites, il y en a toujours eu. Je suis d’accord avec vous, elles peuvent parfois être instrumentalisées. Je suis assez bien placé pour vous dire que ça n’est pas le cas, et que ça ne fait que desservir le travail de préparation du gouvernement, un travail hypersensible. Nous avons un objectif, une seule mission dans ce gouvernement, à distance de la campagne présidentielle qui est très présente également : c’est donner un budget à notre pays pour l’État, pour les collectivités, pour la Sécurité sociale. C’est une fausse information.Mais c’était une piste.Je ne sais pas si c’est une piste.Roland Lescure a dit que ça faisait partie des pistes.On aura alors tous les jours une nouvelle piste sur la table jusqu’au 30 novembre.Est-ce que celle-là était particulièrement inflammable ? Est-ce que laisser planer l’idée d’une éventuelle taxation de l’épargne salariale, c’était finalement plomber le budget avant l’heure ?Je ne crois pas que ça va plomber le budget avant l’heure. Le budget est difficile. Il faut maîtriser le glissement progressif de ce déficit que nous constatons. Tout ceci dans un contexte de pré-présidentielle. Tout est inflammable, chaque mesure : celle qui peut concerner les retraités, celle qui peut concerner les collectivités, la Sécurité sociale en général. Je suis assez bien placé pour pouvoir dire que beaucoup de personnes parlent sur le budget sans connaître la moindre ligne de ce budget. Croyez-moi, il y aura d’autres fuites pendant les trois prochaines semaines.Et d’autres plaintes ?Le Premier ministre, à juste titre, tape un petit peu du poing sur la table pour dire que ça suffit. Nous sommes en train de travailler sérieusement. C’est hypercomplexe pour faire en sorte qu’on puisse présenter un budget sérieux aux Français et aux parlementaires. Ils vont en débattre pendant les semaines qui suivront le 12 octobre à l’Assemblée nationale et au Sénat. Alors arrêtons les fuites, arrêtons les petits calculs, le budget arrive.Est-ce que vous pouvez nous confirmer une information ? Le gouvernement serait finalement favorable à un déblocage exceptionnel de l’épargne salariale. Donc là, on prend le contre-pied. Cette épargne salariale, normalement, est bloquée pendant cinq ans. Là, ce serait jusqu’à 5 000 euros. C’est la proposition de loi du sénateur républicain Olivier Rietmann qui a été adoptée au Sénat en avril dernier. Est-ce que vous nous confirmez que le Premier ministre vous aurait demandé de faire de la place dans l’agenda parlementaire pour que cette proposition de loi soit examinée au plus vite ? Est-ce qu’il y a une date ?Vous êtes bien informé. La réponse est oui. Le Premier ministre m’a demandé d’envisager une inscription de ce texte qui a été adopté au Sénat. C’est l’information à peu près contraire de l’autre, et c’est pour ça que cette première information, on peut la dénoncer, en tout cas le fait qu’elle soit mise sur la table comme une information et comme une vérité sur le budget. Ça n’est pas le cas. Le Premier ministre m’a demandé un petit peu le contraire. C’est pour ça que je veux relativiser toutes ces informations qui créent du trouble. Le moment venu, le budget sur la table, chacun pourra juger sur pièce. Et là, ce seront des informations parce que ce seront des arbitrages. Mais il y aura ensuite le débat parlementaire à partir du 12 octobre. Ça arrive. Et là, toutes les sensibilités politiques pourront dire tout le bien ou tout le mal qu’elles pensent de ce budget et pourront l’amender, ce sera un budget de compromis.Et juste un mot sur cette proposition de loi de Olivier Rietmann : ce sera à l’agenda quand ?Ça, ce n’est pas encore défini. Ce que me demande le Premier ministre, c’est de trouver du temps que j’ai à ma disposition à la fois à l’Assemblée nationale et au Sénat – mais au Sénat, il a déjà été adopté – un créneau pour pouvoir inscrire ce texte éventuellement et effectivement libérer l’épargne salariale plus vite que notre droit ne le prévoit aujourd’hui. Donc ça, ça reste à définir. Mais là aussi, si je donne une réponse définitive, c’est qu’il y a eu un arbitrage. Il n’y a pas eu d’arbitrage. Ça va venir.Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité