Publié le 05/09/2026 10:21
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Biologiste spécialisé dans la protection des oiseaux menacés de Polynésie française, Benjamin Ignace parcourt ce territoire à la recherche d'espèces rares. Il les photographie pour sensibiliser à leur conservation.
Benjamin Ignace est arrivé en Polynésie française il y a sept ans. Biologiste dans le domaine de la conservation de la biodiversité, il s’est spécialisé dans la protection des oiseaux menacés des archipels, dont un en danger critique d’extinction : le monarque de Tahiti.Pour sortir ces espèces de l’oubli, il parcourt des îlots et des vallées à la végétation parfois luxuriante. Après les avoir recensées et photographiées, Benjamin s’est donné une mission : protéger ces oiseaux indispensables à la survie et l’équilibre de la forêt, car ils dispersent les graines permettant son renouvellement. Pour ce faire, il lève des fonds ensuite reversés à des programmes de protection et de conservation d'oiseaux en Polynésie française.Ce jour-là, en arrivant sur un îlot désertique, le biologiste est accueilli par une diversité d’oiseaux marins : des fous, des fous bruns, des noddis, des sternes... Mais c’est le Lori nonnette qu’il espère apercevoir. Contrairement à ces oiseaux marins présents sur tous les océans du globe, les Lori nonnettes subsistent sur neuf îles polynésiennes seulement. "Ils arborent une robe, un plumage vraiment bleu, bleu nuit qui, selon la lumière, peut être difficile à trouver", explique le biologiste en pleine recherche après avoir entendu un cri très aigu typique de l’espèce.Il y a une cinquantaine d’années, cette petite perruche était très présente sur l’atoll de Rangiroa, jusque dans les villages, selon les habitants. Un constat qui afflige Benjamin : "Ça montrait que l'île était en bonne santé…"Le biologiste est vite rassuré lorsqu’il aperçoit cinq spécimens sur une branche : "C'est très rare de voir beaucoup d'individus ensemble, ça m'est arrivé une poignée de fois seulement… Ça reste des espèces très peu étudiées. On ne sait pas pourquoi ils font ça, pourquoi ils se réunissent. Est-ce que c'est plusieurs couples ensemble ? Est-ce que ce sont des juvéniles ? Si sur une branche, on peut en voir six ou sept, c'est qu'il y en a pas mal sur cette île."Plus loin, c’est la marouette fuligineuse qui fait son apparition, un oiseau que le conservateur n’a jamais réussi à prendre en photo : "Il ne vole pas et se déplace très vite. Je n'en ai vu que trois fois. Observer cet animal ici montre que le rat n'est pas encore arrivé. C'est de bon augure pour la suite", se réjouit-il.Chaque observation encourageante est précieuse car le dérèglement climatique accentue aussi la pression sur les oiseaux. L'allongement de la saison des pluies perturbe la survie des juvéniles. Il y a deux ans, 70% des poussins des monarques de Tahiti ont péri sous la pluie.Et le manque d’action face à la crise environnementale provoque parfois un sentiment de découragement chez Benjamin : "Aujourd'hui, je ne sais pas trop où j'en suis, pour être très honnête. Il y a quelque chose qui m'anime au fond de moi. Cette flamme, je ne l'ai pas perdue, cette flamme qui m'anime à aller tous les jours sur le terrain, documenter ce que je vois sur cette crise de biodiversité que l’on traverse. Je pense qu'aujourd'hui, ce qui est difficile, c'est l'impression de se sentir un peu seul dans le métier, l'impression d'être un petit peu des ovnis, d'alerter sur des choses, de crier ouvertement, et que personne n'écoute."Extrait du reportage "Les oiseaux du paradis", diffusé dans "20h30 le samedi"le 5 septembre 2026.> Les replays des magazines d'info de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo, rubrique "Magazines".






