Publié le 04/09/2026 10:25
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Fer de lance de la lutte contre les pesticides en tant que ministre d'Emmanuel Macron, comment François de Rugy a-t-il pu devenir l'un de leurs plus ardents défenseurs ? Une volte-face sur laquelle l'interroge Tristan Waleckx dans les fauteuils rouges de "Complément d'enquête".
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.Tristan Waleckx : Et on est de retour avec vous, François de Rugy, bonsoir. Vous êtes un ancien poids lourd de l'écologie. En 2016, vous avez manifesté pour l'interdiction des néonicotinoïdes. On voit cette photo de l'époque... François de Rugy : J'ai voté la loi en 2016 en tant que député. Et deux ans plus tard, vous êtes ministre d'État de la Transition écologique d'Emmanuel Macron. Et à ce titre-là, vous continuez à vous battre pour la fin de ce que vous appeliez à l'époque "les pesticides tueurs d'abeilles" : "La position du gouvernement est claire et le président de la République l'a d'ailleurs rappelée depuis. L'interdiction des néonicotinoïdes est et sera une réalité." Et aujourd'hui, changement total de décor. Vous êtes devenu youtubeur, une sorte d'influenceur pro-pesticides, et vous dites que l'acétamipride, ce néonicotinoïde, n'est dangereux ni pour la santé humaine, ni pour les abeilles. Qu'est-ce qui s'est passé ?Non, la loi de 2016, que je connais bien parce que j'étais député et je l'ai votée, elle a interdit les néonicotinoïdes en France et elle est appliquée à 98%. C'est-à-dire que le seuil sur lequel il y a eu un problème, tout simplement, d'alternative... Et votre reportage, d'ailleurs, le dit : il n'y a pas d'alternative aujourd'hui. Tout dépend pour quelle culture...Oui, mais là, nous sommes au milieu d'un champ de betteraves. Pour les betteraves, on voit très bien, d'ailleurs, selon les années, quand il y a des attaques de cette fameuse jaunisse du puceron, eh bien, la production de betteraves en France s'effondre:Mais est-ce qu'en minimisant les risques, notamment pour les abeilles, les pollinisateurs, vous ne faites pas exactement ce que vous dénonciez à l'époque, en 2016, vous étiez député du groupe socialiste ? Ecoutez : "Il y a des personnes, y compris dans cette assemblée, sans doute, qui continuent à nier les effets dangereux de ces produits ou à nier la responsabilité de ces produits dans la mortalité des abeilles, et qui continuent à dire qu'il ne faut rien changer." Vous êtes devenu le François de Rugy que François de Rugy de 2016 dénonçait...Depuis le début, on assimile l'acétamipride à tous les néonicotinoïdes, mais en réalité, c'est une famille de produits de traitement qui est très variée. Et en France, on les a quasiment tous interdits, sauf l'acétamipride, sur laquelle la loi est revenue tout récemment, parce que sinon, jusqu'à la loi de juillet, c'était toujours interdit. Alors que, par ailleurs, c'est autorisé dans 26 pays, sur 27, de l'Union européenne.Vous assumez avoir changé d'avis, quand vous écrivez aujourd'hui sur votre site que l'acétamipride, donc ce néonicotinoïde, n'est pas dangereux ni pour les abeilles, ni pour la santé humaine ? Ce n'est pas vrai...Si, c'est vrai. La science dit l'inverse, en tout cas. Dans votre propre reportage, on voit bien que l'EFSA (agence européenne de la sécurité sanitaire) et l'ANSES (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement) disent qu'il n'y a pas de raison de penser que l'acétamipride est cancérigène. Mais il y a aussi d'autres problèmes de santé qui peuvent être causés par l'acétamipride...Mais ce n'est pas un produit inoffensif. Mais, Monsieur Waleckx, si je veux vous empoisonner, je vous fais avaler tout ça [une boîte de Doliprane], vous allez mourir. Vous allez être obligé d'aller à l'hôpital, et si vous n'êtes pas dans un centre antipoison, vous allez mourir. Et pourtant, si ce soir vous avez de la fièvre en rentrant chez vous ce week-end, je vous conseillerais fortement d'en prendre... à la bonne dose ! Un comprimé, ça vous sauve la vie. C'est exactement pareil pour les produits de traitement. Ce qui compte, c'est la dose. Ce qui compte, c'est le dosage. Et c'est comme ça pour tous les produits. D'accord. Mais ce qui compte aussi, c'est l'exactitude de l'information. Quand vous dites que l'acétamipride n'est pas dangereuse ni pour les abeilles, ni pour la santé humaine, vous dites l'inverse de ce que disent ces agences.À la bonne dose, c'est vrai.Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview diffusée dans "Complément d'enquête" le 3 septembre 2026, à la suite de "Pesticides : au cœur du champ de bataille"". Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.






