Cinéma Le réalisateur de “La Vénus électrique” et d’“En liberté !” considère Jean-Paul Rappeneau, mort le 1ᵉʳ septembre, comme l’un de ses maîtres en comédie. Admirateur de son art du mouvement, il lui rend hommage. Le réalisateur Pierre Salvadori, à Cannes, en mai 2026. Photo Fanny de Gouville/Modds pour Télérama Publié le 03 septembre 2026 à 10h25 Mis à jour le 03 septembre 2026 à 13h04 «Jean-Paul Rappeneau était et restera un cinéaste merveilleusement inspirant. Ses films vous mettent dans une telle joie qu’ils vous donnent immédiatement envie d’écrire pour tenter de faire quelque chose d’aussi exaltant, d’aussi rapide, d’aussi réjouissant. Ils déclenchent chez le spectateur une sorte d’ivresse heureuse. Et ils résistent au temps, aux autres films, ils ne sèchent jamais. Pour la plupart, ils ont ce pouvoir que peu de films possèdent, ils vous rendent heureux avant même qu’on les revoie. Ses personnages féminins paraissent inspirés par ceux de Hawks, de Mitchell Leisen ou de Lubitsch, mais ses actrices semblent un peu plus vivantes, un peu plus proches de nous. Elles ont un peu plus de colère, un peu plus de mauvaise foi ou d’inquiétude, un peu plus de chair, de tremblement, de désir. C’est souvent par elles qu’on entre dans ses films, parce qu’elles sont irrésistibles et qu’elles vous emportent. Et puis il y a cette mise en scène très physique, très engagée, les acteurs filent à toute vitesse et donnent le sentiment que les corps, bien plus que les voix, disent les dialogues. Cela donne beaucoup de grâce aux séquences. Les déplacements des personnages rendent tout ça aérien, léger, et c’est comme si cette vitesse faisait voler les dialogues, flotter les mots, qui restent là dans l’air alors que les comédiens ont déjà disparu. Chez lui, les acteurs et surtout les actrices chantent plus qu’ils ne jouent. Et tout cela donne le tournis, vous procure un plaisir presque physique. Je n’ai jamais assisté à un de ses tournages, mais j’imagine la force physique, l’engagement et la volonté de fer qu’il lui aura fallu pour construire ces plans, pour faire tourner le manège, pour organiser modestement ces ballets sans que l’on ne se rende compte de rien, pour qu’on ait le sentiment de ces heureux hasards qui vous laissent mi-pantois mi euphorique. » À lire aussi : Jean-Paul Rappeneau, le cinéaste qui filmait la vie à toute allure Cinéma Disparition Cinéma français Jean-Paul Rappeneau Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner