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DécryptageCes dernières semaines, Kiev et Moscou ont intensifié les attaques contre les infrastructures de l’ennemi, avec pour objectif d’affaiblir son économie et d’atteindre le moral de sa population. L’Ukraine, qui ne dispose pas de missiles balistiques et a de plus en plus de mal à intercepter ceux qui la visent, paie un tribut plus lourd.

Au terme d’un été marqué par l’intensification des attaques de drones ukrainiens en Russie, la guerre est bel et bien entrée dans le quotidien du pays. « Les Russes, qui ont jusque-là infiniment moins souffert que les Ukrainiens, découvrent concrètement les méfaits de la guerre », témoigne un journaliste de Novaïa Vkladka (« nouvel onglet »), l’un de ces médias russes indépendants qui, contraints à l’exil, ont tout de même gardé un réseau de correspondants régionaux.

« Les explosions des raffineries de pétrole, depuis le printemps, ont d’abord provoqué une crise énergétique très visible : pénuries d’essence, restrictions dans les stations-service, abaissement des normes de qualité, prix à la hausse », raconte ce reporter qui, par précaution, a requis l’anonymat. L’Ukraine a fait baisser d’environ 30 % la capacité russe de raffinage et maintient un rythme d’attaques empêchant de rétablir les productions perdues.