Le gouvernement allemand a officiellement désigné mardi 1er septembre la Russie comme responsable de la tentative d'attaque au drone survenue début août à l'aéroport de Leipzig-Halle. "Dans l'ensemble, les enquêtes policières, les modes opératoires et les informations des services de renseignement démontrent une responsabilité russe dans la tentative d'attentat à l'aéroport de Leipzig", a déclaré le ministre allemand de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, lors d'une courte déclaration."Nous ne sommes pas en guerre, mais nous sommes quotidiennement la cible d'une guerre hybride", a-t-il ajouté. A ses côtés, le ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a insisté sur le caractère non isolé de l’incident. "Cela s'inscrit dans un schéma plus large d’opérations hybrides russes en Europe", a-t-il déclaré, pointant une escalade des actions de déstabilisation menées par Moscou sur le continent. "Notre message aux dirigeants russes est clair : nous ne permettrons pas que les attaques de la Russie nous divisent ou nous intimident et portent atteinte à notre cohésion sociale", a-t-il tranché.Berlin compte faire pression au sein de l’Union européenne pour l’adoption de nouvelles sanctions, incluant des restrictions de voyage à l’encontre de ressortissants russes, ainsi qu’un renforcement de la lutte contre la "flotte fantôme" de Moscou. Le consulat de Bonn fermera ses portes le 18 septembre, tandis que le contrat de la "Maison russe" de Berlin sera résilié, selon les annonces du ministère des Affaires étrangères.Vladimir Poutine dénonce une "erreur grossière"En réponse, Vladimir Poutine a dénoncé mardi soir lors d’une conférence de presse une "nouvelle erreur grossière", allant "clairement à l'encontre des intérêts du peuple allemand". Le président russe a par ailleurs jugé que la réaction des autorités allemandes était liée aux "campagnes électorales à venir" dans le pays. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a de son côté affirmé que Moscou répondrait à ce qu’elle qualifie d'"actions anti-russes" de Berlin, sans préciser la nature de cette riposte. Interrogée sur la fermeture de la "Maison russe", elle a dénoncé un "prétexte" inventé par les autorités allemandes. L'ambassade de Russie à Berlin avait auparavant rejeté ces accusations, les qualifiant de "provocation fabriquée de toutes pièces" et de "nouvelle vague d'hystérie anti-russe en Allemagne".La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré qu'elle discuterait de l'attaque mercredi avec le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, et que les ministres des Affaires étrangères de l'UE prépareraient une réponse commune.Emmanuel Macron a déclaré que la France était "pleinement solidaire de l'Allemagne" et soutenait l'adoption de "nouvelles sanctions européennes" contre la Russie. "L'Allemagne a établi la responsabilité de la Russie dans les graves incidents survenus à Leipzig début août", a écrit le président français sur le réseau social X. "Ces attaques hybrides se multiplient en Europe. Elles ne peuvent rester sans réponse".L’Allemagne a établi la responsabilité de la Russie dans les graves incidents survenus à Leipzig début août.Ces attaques hybrides se multiplient en Europe. Elles ne peuvent rester sans réponse.La France est pleinement solidaire de l’Allemagne et soutient l’adoption de…— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) September 1, 2026