Shein compte lever 1,74 milliard $US lors de son introduction en Bourse mardi à Hong Kong, valorisant le géant du prêt-à-porter en ligne à 26,5 milliards $US, soit presque quatre fois moins qu’en 2022.À l’époque, l’entreprise avait été valorisée près de 100 milliards $US, soit environ 138,6 milliards $CA, lors d’une levée de fonds.Fondée en Chine en 2012 et désormais basée à Singapour, Shein avait indiqué, lors de l’annonce de son entrée en Bourse, vouloir mettre sur le marché 280 millions d’actions à un prix compris entre 47,60 et 49,50 dollars de Hong Kong.Selon des documents boursiers mis en ligne lundi soir, le groupe propose ses actions au prix de 48,56 dollars de Hong Kong (8,58 $CA), la médiane de la fourchette annoncée.La société a précisé vouloir utiliser en majorité les fonds levés pour financer ses capacités technologiques et renforcer sa présence internationale.

Les projets de cotation de l’entreprise à New York en 2023 puis à Londres en 2024 avaient été freinés, selon la presse, par des obstacles réglementaires.La plateforme a cependant obtenu début juillet l’aval du régulateur chinois du marché pour sa demande d’introduction en Bourse à Hong Kong.Shein est une figure de « l’ultra fast fashion » («mode ultra-éphémère»), basée sur le renouvellement rapide de collections à très petits prix, en ciblant une clientèle jeune sur les réseaux sociaux. Sa force de frappe repose sur la Chine, qui dispose d’une vaste industrie textile à bas coûts et d’un réseau logistique particulièrement performant, dans un pays où le commerce en ligne est très avancé.Son site Internet propose dans plus de 150 pays une vaste gamme de produits à des prix extrêmement bas. Il revendique 273 millions de clients, dont 23 millions en France.La plateforme est régulièrement critiquée, notamment dans les pays développés, pour encourager une culture de la surconsommation générant déchets et pollution. Le secteur textile représente près de 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.Dans le rouge début 2026En 2025, Shein a affiché un chiffre d’affaires de 41,8 milliards $US (presque 58 milliards $CA), livré plus d’un milliard de commandes dans le monde et dégagé un bénéfice net de 2,1 milliards $US (2,9 milliards $CA).Mais la plateforme est tombée dans le rouge début 2026, avec 99 millions $US de perte nette au premier trimestre (137 millions $CA).Si elle met en avant des facteurs essentiellement comptables, elle reconnaît dans son projet d’introduction en Bourse ne pas pouvoir garantir à ses futurs actionnaires une croissance aussi rapide qu’à ses débuts.En 2025, les États-Unis ont ainsi supprimé l’exemption de franchise douanière dont bénéficiaient les colis de faible valeur (comme ceux de Shein) à l’entrée de leur territoire. L’entreprise a indiqué la semaine dernière que cela la soumettait à un niveau « nettement plus élevé » de taxation, sans compter les droits de douane supplémentaires imposés par le président américain, Donald Trump, sur les produits chinois.Shein se trouve aussi dans le collimateur des autorités européennes.En France, elle a écopé de plusieurs amendes et le Parlement a définitivement adopté fin juin une proposition de loi visant à enrayer l’essor des plateformes de mode éphémère.Plusieurs euros sur chaque pièce commandée en FranceMardi, entrera par ailleurs en vigueur en France un malus sur chaque produit de mode ultra-éphémère, comme ceux vendus par Shein.Chaque vêtement aura un score, produit d’une équation entre les volumes de vêtements mis sur le marché par l’entreprise et l’incitation à la réparation (un coefficient rapportant le prix du produit à ce que coûterait sa réparation).Ce malus prévoit jusqu’à 19,50 € de pénalité par pièce en 2030, avec un plafonnement à 50% du prix hors taxe.Dans l’Union européenne, les importations des petits colis, notamment en provenance de Chine, ont chuté de l’ordre de 30% à 40% , a annoncé fin août le ministère de l’Économie, citant un chiffre des douanes françaises.Ce repli est la conséquence de la décision de Bruxelles d’instaurer au 1er juillet une taxe de 3 € sur chaque catégorie de produit logé dans ces petits colis. Celle-ci est toutefois temporaire: elle est mise en place jusqu’à une refonte en profondeur du système douanier européen, prévue dans deux ans.