John Ternus prend mardi les rênes d’Apple, après 15 ans de règne de Tim Cook, une transition voulue en douceur à une période charnière pour le groupe, entre le lancement de nouveaux produits, le défi de l’intelligence artificielle (IA) et les tensions géopolitiques.Ingénieur de formation, le quinquagénaire est un homme du sérail, arrivé chez Apple en 2001, très orienté produit à la différence de Tim Cook, reconnu pour son habile gestion logistique et diplomatique.Gravissant les échelons jusqu’à devenir vice-président de l’ingénierie des produits physiques, il a notamment contribué à la conception de l’iPhone, devenu le produit phare du groupe à la pomme, vendu à près de 250 millions d’exemplaires en 2025.« Il n’y a pas de raison de changer ce qui fonctionne », considère Dan Ives, directeur du cabinet de conseil Yorkville Ives&Co, au sujet de la chaîne d’approvisionnement d’Apple que Tim Cook a guidée durant la pandémie de coronavirus et la montée des crispations entre États-Unis et Chine.Le marché attend de John Ternus des progrès sur le front de l’IA, un boulet que traîne Apple depuis plusieurs années, quand ses concurrents ont déjà poussé beaucoup plus loin l’intégration de cette technologie.« Il appartiendra à Ternus d’écrire le chapitre IA » d’Apple, selon Dan Ives.Le groupe de Cupertino (Californie) doit proposer, dans les prochains jours, une version remodelée de son assistant vocal IA, Siri, à même de naviguer entre les applications de l’iPhone et d’exploiter les contenus.Un lancement attendu dans le cadre de son traditionnel événement de rentrée, prévu le 9 septembre, lors duquel, outre des fonctionnalités, Apple doit présenter une nouvelle ligne de produits.Ce grand raout, plus attendu que d’ordinaire, constituera un premier baptême du feu pour John Ternus.Le produit avant toutDes analystes ont regretté le choix de John Ternus à ce tournant de la vie de l’entreprise, jugeant que le responsable de la partie logicielle, Craig Federighi, aurait été plus pertinent à l’aune de l’IA.Mais Apple reste avant tout défini par ses appareils, de l’iPhone au Mac, qui doivent séduire, d’autant que sur le marché du téléphone intelligent, aucun acteur n’est encore parvenu à réellement faire des fonctionnalités IA un argument de vente.« Les consommateurs achètent d’abord le produit physique et cela va rester ainsi pendant encore longtemps », avance Carolina Milanesi, analyste du cabinet Creative Strategies. « Vous ne découvrirez pas la valeur de l’IA si vous n’êtes pas intéressé par l’appareil. »Outre les actualisations de références existantes comme l’iPhone, l’Apple Watch ou les AirPods, le groupe doit introduire un iPhone pliant, un développement significatif pour une marque qui n’a plus connu le succès avec une nouvelle ligne de produits depuis dix ans.Sont attendus aussi, plus tard, des lunettes connectées et des AirPods équipés de caméra pour tirer parti des nouvelles capacités de l’IA.
Une nouvelle ère s’ouvre chez Apple avec l’intronisation de John Ternus
Le successeur de Tim Cook entre à une période charnière, sur fond de progrès de l’IA et de tensions géopolitiques.











