Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Santé mentale Santé mentale Santé mentale Tribune Jean-Pierre Bellier Inspecteur général honoraire Après des vacances scolaires marquées par les épisodes de canicule, l’inspecteur de l’éducation nationale Jean-Pierre Bellier déplore, dans une tribune au « Monde », ses conséquences sur la santé mentale des élèves, et plaide pour le recrutement de psychologues au sein des établissements. Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés En cette nouvelle rentrée scolaire, plus de 11,6 millions d’élèves franchiront le seuil de leur établissement scolaire ce mardi 1er septembre. Ils émergeront de l’été le plus chaud jamais mesuré dans ce pays. Beaucoup en sortiront tendus. Certaines familles n’ont pas pu partir en vacances, d’autres ont dû maîtriser leurs dépenses. Et l’été aura été meurtrier : Santé publique France a fait état, le 19 août, de 7 300 décès en excès. Certains de nos élèves ont vécu tout cela. Le 1er septembre, ils seront pourtant là et ne laisseront rien transparaître. Ils prendront connaissance de leurs emplois du temps avec, enfouis dans leur cartable, un possible stress post-traumatique. Ce que cet été inédit a produit chez ces jeunes porte un nom. Le médecin Henri Laborit [1914-1995] l’a décrit il y a un demi-siècle : l’inhibition de l’action. Autrement dit, face à une menace contre laquelle ni la fuite ni le combat ne sont possibles, l’empêchement d’agir engendre anxiété chronique, dépression ou repli sur soi. Ainsi, l’été qui s’achève n’a fait que compléter les raisons pour lesquelles le thème de la santé mentale des jeunes mérite toute notre attention. Cette situation est documentée, tout comme sa répartition inégale : à 17 ans, les signes anxio-dépressifs touchent 11,5 % des adolescents de milieu ouvrier et 7,8 % des enfants de cadres ; les tentatives de suicide ayant conduit à une hospitalisation, 4,5 %, contre 2,7 %. Une canicule ne frappe pas davantage au hasard : elle atteint d’abord ceux qui vivent à quatre dans un logement mal isolé. La souffrance psychique épouse la carte des inégalités sociales, et l’école est le seul endroit où l’on pourrait la voir avant le fait divers. Reste à savoir qui est là pour s’y attarder vraiment. Un enfant qui va mal ne lève pas la main. Il ne dit pas « je vais mal ». Il rend un devoir en retard, somnole en cours ou se renferme sur lui-même, manque quelques heures. Ce sont des signaux faibles auxquels chacun, isolément, peut trouver une justification : fatigue, démotivation, crise d’adolescence… Seul un professionnel spécialisé en psychologie de l’enfant et de l’adolescent peut en percevoir le sens caché. Il vous reste 64.11% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Rentrée scolaire : « L’été qui s’achève n’a fait que confirmer que la santé mentale des jeunes mérite toute notre attention »
TRIBUNE. Après des vacances scolaires marquées par les épisodes de canicule, l’inspecteur de l’éducation nationale Jean-Pierre Bellier déplore, dans une tribune au « Monde », ses conséquences sur la santé mentale des élèves, et plaide pour le recrutement de psychologues au sein des établissements.







