Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Critique littéraire Critique littéraire Critique littéraire Romans francophones Romans francophones Romans francophones L’écrivaine lance sa narratrice et double de fiction dans la Russie des années 2010, où elle sera conduite à enquêter sur le sort d’un arrière-arrière-grand-père. Article réservé aux abonnés Sélectionné pour le Prix littéraire « Le Monde » 2026 « A voix haute », de Polina Panassenko, L’Olivier, 264 p., 19,50 €, numérique 15 €. Il arrive, quand on a aimé le premier livre d’un écrivain, qu’on attende le second avec curiosité, mais aussi un peu d’appréhension. C’est le cas pour Polina Panassenko, dont Tenir sa langue (L’Olivier, 2022) fut une vraie révélation : un roman plein de malice et d’invention, qui réfléchissait en souriant aux difficultés existentielles et linguistiques d’une double identité franco-russe. Et voici qu’arrive, sur une thématique voisine, A voix haute, récit qui non seulement ne déçoit pas, mais provoque un enthousiasme presque inespéré : on est tout simplement épaté. L’autrice nous embarque en effet d’emblée dans les tribulations de sa narratrice et double de fiction, une collégienne d’origine russe dont les parents se sont installés en banlieue parisienne, mais qui a perdu sa mère et dont le père, physicien, est souvent absent. Elle est alors prise en charge par Nicole, une voisine communiste et fumeuse de Gauloises, incarnation touchante – en voie de disparition – d’un monde militant qui n’a pas renoncé à ses idéaux, pourtant sérieusement malmenés par l’histoire. Ce n’est que le point de départ du livre, mais dès les premiers chapitres se manifeste ce qui fera le charme addictif de l’ensemble : un art sûr du portrait et de la scène, avec dans le ton une gouaille maîtrisée, qui fait sourire sans en faire trop, et sait susciter, par sa fausse candeur, une réelle émotion. Il vous reste 56.6% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.