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Reportage« Trois générations de… » La famille à la tête de l’établissement cinq étoiles a toujours navigué entre l’impératif de modernisation de son offre et celui de la protection de l’environnement. L’incendie du Porge, qui a conduit à l’évacuation du camping, plonge ce modèle dans l’inconnu.

Fin juillet, le ciel reste bleu au-dessus du camping des Grands Pins, niché sous la pinède de Lacanau-Océan (Gironde). Alors que la télévision diffuse des images impressionnantes de Bordeaux sous les fumées d’un incendie dévorant des milliers d’hectares, le vent contraire le préserve. A une vingtaine de kilomètres du brasier – alors même que le feu fait aussi rage au Porge –, l’ambiance est presque déconnectée. Les premières fumées visibles au loin, vendredi 24 juillet, poussent environ 800 clients à partir d’eux-mêmes. Le 28 juillet, la réalité rattrape brutalement le domaine : William Fenié, le directeur du camping, est informé par la mairie de l’évacuation générale seulement trente minutes avant le déclenchement de la procédure FR-Alert.

La panique menace de gagner les 1 000 vacanciers restants, persuadés que les flammes sont aux portes de l’établissement. Rodée par des exercices grandeur nature organisés chaque début de saison, l’équipe active aussitôt ses procédures : guide-files et serre-files canalisent les clients, tandis que la direction rassure les esprits à la sortie. En deux heures, le camping de 16 hectares se vide intégralement sans incident. Durant ces quelques jours critiques, les équipes prêtent main-forte aux secours en mobilisant leurs propres motopompes destinées à l’arrosage pour mouiller la forêt environnante.