Tard vendredi soir, le président américain a annoncé ce qu’il qualifie de « plus grand accord pétrolier du monde » avec le Venezuela sur son réseau social Truth. Confirmée par la suite par la présidente par intérim du Venézuela Delcy Rodriguez, l’entente est plutôt un moyen pour Donald Trump de « rassurer les Américains » croit un expert consulté par Le Devoir.En somme, l’entente prévoit le développement de 17 gisements à travers le pays, dont le potentiel serait de 65 milliards de barils de pétrole pour un investissement de 100 milliards de dollars par les États-Unis au Venezuela, a détaillé sur son fil Telegram la présidente Delcy Rodriguez. Elle estime les retombées économiques pour son pays à 209 milliards de dollars. À titre comparatif, les États-Unis disposent d’environ 45,9 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole dans leur sous-sol, selon l’Energy Information Administration (EIA).Si elle se concrétise, l’entente viendrait « doubler les réserves américaines de pétrole », annonçait en grande pompe Donald Trump vendredi. C’est ici le nerf de la guerre, précise Mathieur Arès de l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke. « Les réserves d’essence sont au niveau historiquement bas aux États-Unis. » Le président américain a autorisé cette année l’utilisation des réserves américaines pour tenter de faire baisser le prix d’essence à la pompe pour les Américains. En annonçant un moyen de renflouer les réserves, Donald Trump vient apaiser ses citoyens.« Surtout que normalement, c’est le Canada qui fournit les États-Unis. Mais actuellement les pipelines canadiens marchent à plein régime », continue l’expert. « Donc, Donald Trump dit aux Américains “j’ai une réserve stratégique quelque part qui s’appelle le Venezuela”. » Mais attention, « le Venezuela a perdu beaucoup beaucoup de sa capacité d’extraction de raffinage ». « C’est plutôt dans 3 à 5 ans que ça pourra avoir un impact. On est plus dans le symbolique. À court terme, ça ne change pas grand-chose. »Une bonne nouvelle pour le Venezuela ?« Au Venezuela, il ne faut pas l’oublier, c’est la principale richesse le pétrole », rappelle l’expert. Au point où « tout tourne autour du pétrole ». « C’est un peu leur démon, parce qu’ils n’ont pas pu s’industrialiser. Ils se sont dit : “C’est pas grave, on a le pétrole donc on ne va pas développer autre chose.” Il n’y a pas vraiment d’économie autre que le pétrole », résume-t-il.