Depuis son univers aux coloris éclatants, Buddy fait la joie des enfants. De fait, avec son costume de licorne en peluche, Buddy est la coqueluche du petit écran. Or, derrière son insistante bonne humeur, Buddy est un tueur sanguinaire. Satire rouge foncé de l’émission des années 1990-2000 Barney, Buddy ne s’adresse pas aux tout-petits, quoique les adultes férus d’horreur ne seront pas forcément conquis.Réalisé et coécrit par Casper Kelly, un habitué d’Adult Swim, le volet « pour public averti » de Cartoon Network, le pendant américain de Télétoon la nuit, Buddy possède plusieurs qualités. Tout d’abord, le pastiche de Barney, qui constitue l’essentiel du premier acte, est très au point, autant dans le ton que dans la forme. Lesquels tons et formes glissent assez rapidement vers quelque chose de plus inquiétant et de plus grinçant.Mais voici que l’on se transporte dans une banlieue anonyme où une femme, Grace, est convaincue d’avoir non pas deux, mais trois enfants. Où est passée cette fille aînée dont tout le monde dit avec insistance qu’elle n’a jamais existé ?Comme dans le remarquable I Saw the TV Glow, de Jane Schoenbrun, l’apparente nostalgie des années 1990 se révèle, dans Buddy, délétère. Hélas, le second film n’a ni la grâce ni l’inventivité du premier.