Dans The Rocky Horror Picture Show, le savant Frank-N-Furter déclare qu’il ne lui est pas facile d’avoir du plaisir. Eh bien, avec Tim Curry pour incarner ce désormais emblématique personnage friand de corsets de cuir et de jarretelles, le public, lui n’a aucun problème à en avoir année après année lors des projections costumées du plus culte des films cultes. D’ailleurs, l’acteur d’origine anglaise était immédiatement reconnaissable à son rire généreux, qu’il savait rendre hilarant ou inquiétant, selon le contexte.Né dans la ville de Grappenhall, en Angleterre, en 1946, Tim Curry suit ses parents dans différentes villes portuaires, dont Hong Kong, son père étant chapelain dans la marine. Placé dans un pensionnat à 11 ans, il obtient un diplôme en théâtre en 1968 et décroche presque aussitôt un rôle dans la comédie musicale Hair, sur les planches londoniennes.C’est au cours de cette production passée à l’histoire que Tim Curry fait la connaissance de Richard O’Brien. O’Brien qui crée, en 1973, le spectacle The Rocky Horror Picture Show, en écrivant spécifiquement pour Curry le personnage du savant Frank-N-Furter. Lorsque Jim Sharman réalise le film en 1975, Curry reprend l’inénarrable rôle, assurant alors sans le savoir son immortalité cinématographique - et en tant qu’icône queer.Il faut toutefois préciser que l’acteur s’est imposé dans quelques autres productions qui sont, elles aussi, devenues cultes.Une verve, un panacheOn pense d’abord à cette seconde comédie musicale, mignonne et non coquine celle-là : Annie, de John Huston, parue en 1982. Curry y joue, avec délectation, Rooster, un brigand aux trousses de la rouquine petite orpheline du titre.Et que dire de Clue, de Jonathan Lynn, parue en 1985 : une adaptation improbable mais réussie du célèbre jeu de société. Curry y incarne avec verve et panache un majordome sarcastique qui en sait plus qu’il ne le dit. Prise de haut en son temps, cette comédie policière aux accents de farce d’antan, a remarquablement bien vieilli, entre autres grâce au brio de sa distribution comprenant Madeline Kahn, Lesley Ann Warren, Michael McKeen et Eileen Breenan.En 1985 toujours, Ridley Scott confie à Tim Curry le rôle du prince des ténèbres dans le film d’aventures fantastique Legend (Légende). Méconnaissable sous le remarquable maquillage prosthétique de Rob Bottin, tout de cornes noires et de musculature carmin, Curry parvient non seulement à imposer sa présence par sa voix grave, mais il éclipse en plus son tout jeune partenaire, un certain Tom Cruise.Dans la minisérie It (Ça), de Tommy Lee Wallace, en 1990, Curry s’attire des éloges dans le rôle de Pennywise, l’entité tueuse d’enfants qui revêt la forme d’un sinistre clown. Pour les nostalgiques, Tim Curry demeure l’interprète définitif du personnage imaginé par Stephen King.Sans oublier, et il s’agit cette fois non pas d’un film culte, mais d’un des plus gros succès au box-office de 1992, Home Alone 2 : Lost in New York (Maman j’ai encore raté l’avion et je suis perdu dans New York), de Chris Columbus : Curry y est savoureux en gérant d’hôtel suspicieux dont le débrouillard Kevin (Macaulay Culkin) ne fait qu’une bouchée. Et il y a, l’année suivante, son Cardinal de Richelieu, dans The Three Musketeers (Les trois mousquetaires), de Stephen Herek, qui n’est pas piqué des vers : « Un pour tous et tout pour moi », lance-t-il en affichant ce large rictus devenu aussi identifiable que son rire et sa voix.Pour le compte, ces caractéristiques lui valent plusieurs partitions de « méchants ».L’âme vagabondeTrès sollicité en animation, il prête sa voix aux personnages de l’empereur Palpatine (ou Darth Sidious) dans Star Wars : The Clone Wars (Star Wars : la guerre des clones ; 2012–2014).À noter que Tim Curry ne délaisse jamais le théâtre, son premier amour. Ainsi, il joue entre autres le jeune Mozart dans Amadeus, sur Broadway, en 1980 : une performance qui lui vaut la première de ses trois nominations aux prix Tony. Son Roi Arthur dans la parodie musicale Spamlot (2004-2007) reçoit d’excellentes critiques également.
Tim Curry, acteur monstrueusement doué, est décédé
Il s’est imposé dans les productions devenues cultes «The Rocky Horror Picture Show», «Clue», «Legend», et «It».










