A l’aéroport de Genève, en Suisse, le 10 mars 2026. FABRICE COFFRINI/AFP

C’est une première en France dans le domaine aérien. Une hôtesse de l’air a obtenu la reconnaissance de son cancer du sein comme maladie professionnelle, ouvrant la voie à d’autres femmes du personnel navigant, ont fait savoir, mardi 25 août, son avocate et la CFDT, qui l’ont accompagnée dans ce processus.

Aujourd’hui âgée de 59 ans et en rémission de son cancer, Sophie Lainault explique avoir travaillé entre 1989 et 2019 chez Air France comme hôtesse de l’air puis chef de cabine, sur des vols longs-courriers, cumulant plus de 12 600 heures de vol, dont plus de 6 500 de nuit.

Début juillet, le pôle social du tribunal judiciaire de Bayonne, dont l’Agence France-Presse (AFP) a consulté la décision, a reconnu l’origine professionnelle de son cancer. Le tribunal a souligné le rôle du travail de nuit, de l’exposition aux rayonnements ionisants et au tabagisme passif de l’hôtesse de l’air − fumer était autorisé dans les avions Air France jusqu’en 2000 − et noté qu’il n’existait pas d’autre facteur génétique ou lié à l’hygiène de vie pouvant expliquer ce cancer.

Deux comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles avaient auparavant estimé que le lien n’était pas établi. Le cancer du sein ne figure pas dans les tableaux des maladies professionnelles, ce qui peut transformer sa reconnaissance comme telle en parcours du combattant.