Publié le 26 août 2026 à 06:00.
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Dans le quartier de Vissigen, à Sion, une ancienne ferme est devenue en trente ans un lieu incontournable de la création contemporaine romande. Sous son immense charpente de bois, artistes, musicien·nes et publics se croisent, tandis qu’ateliers, espaces d’exposition et salle de concert font dialoguer des pratiques qui ne se rencontrent pas toujours ailleurs.Le bâtiment, construit en 1955, est aujourd’hui classé à l’inventaire du patrimoine bâti de la ville de Sion pour la singularité de son architecture en U, dont la cour intérieure s’ouvre sur le Cours Roger Bonvin. Son histoire reste pourtant assez méconnue. La Ferme-Asile était à l’origine l’exploitation agricole qui nourrissait l’hôpital de Sion, alors divisé entre un hôpital-asile voué à l’assistance aux personnes défavorisées et un hôpital régional consacré aux soins. Le foin s’entassait dans ce qui est aujourd’hui la Grange, espace dédié aux expositions; les vaches dormaient là où résonne désormais la salle de concert. Jusqu’au milieu des années 1980, la ferme reste liée à cette double mission sociale et médicale, avant que l’hôpital ne se recentre sur le soin et que la ferme, coupée de ses terres par la construction de l’autoroute, ne cesse d’être exploitée. Elle reste à l’abandon pendant une dizaine d’années.C’est dans ce bâtiment déserté qu’un groupe d’artistes – Angel Duarte, Laurent Possa, Pierre-Alain Zuber, Robert Hofer et Camille Cottagnoud – perçoit un potentiel: faire de cette ferme en périphérie de la ville un espace entièrement dédié à la création, pensé dès l’origine pour «rapprocher le public du monde de l’art». Entre 1994 et 1996, la bâtisse est réhabilitée avec l’aide de bénévoles et de personnes engagées dans un programme de réinsertion professionnelle, avant que l’association de la Ferme-Asile ne voie le jour en 1996, portée par le soutien de la municipalité de Sion, de la Fondation de l’Hôpital-Asile et de l’Etat du Valais. La même année s’ouvrent les premiers ateliers d’artistes (on en compte désormais 14) ainsi qu’une cafétéria (un des restaurants les plus réputés de la ville aujourd’hui) conçue à partir de matériaux de récupération. En 1997, la petite salle de concert accueille ses premiers concerts de jazz contemporain.






