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ReportageEntre le 21 juillet et le 1ᵉʳ août, le mégafeu parti de Saumos a parcouru 42 000 hectares et détruit 240 maisons, surtout au Porge. Entre les habitants encore sous le choc, un climat de solidarité inédit s’est installé.
Plusieurs fois, elle a fait demi-tour. Sur le parking du tennis du Porge, où l’on trie dans une halle les dons qui affluent de toute la France pour les sinistrés des incendies de Gironde, elle s’est ensuite donné cinq minutes, puis dix, avant d’entrer chercher de quoi s’habiller et cuisiner. Les premières fois, elle n’a pas pu. « Trop humiliant », confesse cette conductrice d’une Peugeot blanche, qui requiert l’anonymat. Mais, au fil des jours, elle a dû s’y résoudre, pour aménager la location où elle va s’installer avec sa mère, un mois après l’incendie parti de Saumos (Gironde). Entre le 21 juillet et le 1er août, ce mégafeu a parcouru 42 000 hectares et détruit 240 maisons dont la sienne.
Vendredi 21 août, elle s’est garée à l’écart, sa voiture remplie de linge de maison et de vaisselle, avec comme souci premier de « ne pas croiser de connaissances ». Ils sont nombreux à éprouver la même gêne, eux qui avaient « une vie normale avant de se retrouver d’un jour à l’autre sans rien », comme l’explique Myriam Lardemer, sans toit à 73 ans. Elle aussi a peiné à franchir le dernier pas vers la halle aux dons. Finalement, c’est pour nourrir ses chats qu’elle a osé, avant de s’autoriser à emporter un ventilateur et un fer à repasser pour le petit bungalow du camping municipal du Porge, où elle est relogée avec 37 autres familles.







