Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Recueils épistolaires Recueils épistolaires Recueils épistolaires Cette nouvelle « correspondance retrouvée » de l’écrivain mêle billets du quotidien et lettres savoureuses ayant inspiré la « Recherche ». Article réservé aux abonnés « Cent lettres inédites. Correspondance retrouvée 1886-1922 », de Marcel Proust, édition publiée sous la direction de Julie André, Sophie Duval et Guillaume Fau, éd. Honoré Champion/Bibliothèque nationale de France, 260 p., 19 €. Bien des correspondances d’écrivain nous offrent les plaisirs de l’indiscrétion, et celle de Proust plus généreusement peut-être que d’autres. Or, aux 21 volumes de lettres édités par Philip Kolb (Plon, 1971-1993) s’ajoutent régulièrement de nouvelles découvertes. Aujourd’hui ces Cent lettres inédites, acquises par la Bibliothèque nationale de France, reçues ou envoyées – plus précisément, en passe de l’être, puisque nous disposons le plus souvent de brouillons. L’ensemble s’avère hétéroclite, depuis un simple billet à un domestique ou à un proche jusqu’à cette étonnante missive où Proust interroge longuement un éminent linguiste, certainement Michel Bréal (1832-1915), sur les toponymes (Combray, Balbec…) ou patronymes (Guermantes, Forcheville…) inventés pour Du côté de chez Swann – ladite missive nous vaut à elle seule sept pages de notes tout aussi savantes. La vie de l’écrivain y apparaît dans toute sa diversité. L’ami donnant du « cher petit » à Lucien Daudet ou du « Ocsebib » à Antoine Bibesco. Le mondain s’inquiétant auprès de la princesse de Caraman-Chimay des répercussions de son article sur le salon de la princesse de Polignac dans Le Figaro. Le reclus bombardant sa mère de notes griffonnées où, pour expliquer le ton de ses « doléances », il invoque sa fatigue. Car, ajoute-t-il, « à t’écrire j’ai déjà dépassé l’heure où j’aurais dû me coucher. Si je m’explique il sera plus tard encore. Si je recommence ma lettre, bien plus. Si je la déchire sans t’en envoyer une autre à la place, tu seras déçue de ne rien avoir ». On devine le dilemme maternel. Il vous reste 37.54% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.