Le Parti conservateur du Québec (PCQ), dans un avant-goût de ses quatre principales priorités électorales, s’engage à s’attaquer à ce que son chef, Éric Duhaime, assimile à des vaches sacrées – et boiteuses — du modèle québécois. Peu importe si les changements promus dans la santé, la construction et la bureaucratie dérangent les milieux syndicaux : en cas de victoire conservatrice en octobre prochain, « ils vont être obligés de vivre avec. »Un gouvernement conservateur libéraliserait l’économie et imposerait une diète stricte aux dépenses publiques, sabrant par attrition 20 000 postes de fonctionnaires et réduisant, au total, de 47 milliards de dollars sur quatre ans les frais de l’État pour financer « une baisse d’impôts historique pour la classe moyenne. »Il abolirait aussi Santé Québec et dirigerait automatiquement les malades vers le privé lorsque le réseau public ne pourra pas leur offrir des soins « dans un délai médicalement raisonnable » ou si un établissement peut les offrir « à moindre coût » et selon « les mêmes standards de qualité. »Le PCQ s’échinerait à alléger la « surréglementation » dans le domaine de la construction qui entrave les chantiers et augmente les coûts.Ces trois domaines connaîtraient une révision de fond en comble si les troupes d’Éric Duhaime s’emparent du pouvoir – avec ou sans l’aval des syndicats qui pèsent lourd dans ces secteurs.« S’ils veulent défendre le statu quo, ils vont nous trouver sur leur chemin, a martelé le chef conservateur, mercredi, en marge de la présentation du cœur de la plateforme électorale conservatrice. On a atteint un point au Québec où l’obésité et le gras sont en train de nous étouffer, et c’est exactement ça à quoi on veut mettre fin. S’il y a des forces d’inertie qui veulent nous en empêcher, bien écoutez, on va faire le débat, puis si on gagne les élections, bien ils vont être obligés de vivre avec. »Les syndicats auront beau exprimer leur droit et « protester tant qu’ils veulent, a ajouté Éric Duhaime, mais ce n’est pas ça qui va nous empêcher d’aller de l’avant. »Une culture « profamille » et une inspiration albertaineTel que Le Devoir l’a rapporté mercredi matin, le PCQ veut aussi mousser une culture « profamille » au Québec, notamment en octroyant « les moyens financiers nécessaires aux jeunes et ce, dès la naissance d’un enfant » — sans préciser quelle forme prendrait cette aide.Un gouvernement conservateur financerait la garde d’enfants sans égard à la structure d’accueil. « On ne touchera pas à celles et ceux qui ont déjà une place en CPE, a assuré Éric Duhaime mercredi. Ceci étant dit, on veut aussi que les autres ne soient pas pénalisés. Il y a des parents, présentement qui paient des taxes et des impôts pour un système auquel ils n’ont pas accès. Il faut s’assurer que ces gens-là aient un retour pour permettre la garde leurs enfants, peu importe leur choix. »