Des habitants évacués, plus de 2 000 hectares calcinés, et un feu toujours pas fixé : la Belgique combat samedi l’un des pires incendies de son histoire.« On voit plus rien, il y a de la fumée partout », a déploré David Rodolfs, un restaurateur près de Waimes, dans l’est du pays, auprès de l’Agence France-Presse (AFP). « Mes collègues ont vu démarrer le feu hier. Il y avait des cendres qui tombaient sur les tables, et puis on a demandé à nos clients de partir, pas de dessert », décrit cet homme de 38 ans, qualifiant la situation « d’extrêmement triste ».Le brasier ravage les Fagnes, une grande réserve boisée en Belgique, prisée des randonneurs et proche de l’Allemagne.Le feu s’y est déclaré vendredi en milieu de journée et s’est rapidement propagé.

De 80 hectares brûlés vendredi soir, il a bondi à 850, puis 2 000 en début de soirée samedi, selon Nicolas Yernaux, un porte-parole des autorités wallonnes.De premiers habitants des villages de Sourbrodt et de Bütgenbach ont reçu l’ordre d’évacuer autour de 16 h 00, selon un message publié par les autorités locales sur Facebook. Le gymnase d’une commune voisine a été mis à leur disposition.« Il y a un risque que le feu atteigne les habitations mais on déploie tous les moyens pour les protéger », a expliqué le porte-parole des autorités wallonnes.Un journaliste de l’AFP escorté dans la zone incendiée a vu une vaste étendue de végétation calcinée, tandis qu’un épais nuage de fumée jaunie stagnait encore dans l’air.L’incendie est le plus gros de l’histoire belge récente — un brasier en 1911 avait également ravagé la zone.Il n’est pas encore fixé.La situation est d’autant plus périlleuse qu’il se propage dans une zone très accidentée, ce qui complique le travail des pompiers.Hélicoptères et bombardiers d’eauTous les moyens sont bons : la Belgique a rapidement activé le mécanisme européen de protection civile afin de réclamer des renforts humains et matériels à travers le continent.Un hélicoptère des Pays-Bas est déjà en train de prêter main-forte. Deux autres arriveront sur place dans la soirée, ainsi que deux bombardiers d’eau suédois.« Ils seront opérationnels à partir de demain », a expliqué la commissaire européenne Hadja Lahbib, notamment chargée de l’état de préparation et de la gestion des crises, à l’AFP, déplorant le « bouleversement climatique » à l’œuvre sur le continent.« Jamais la saison des incendies n’a commencé aussi tôt dans l’année et aussi haut géographiquement », a-t-elle martelé.Sur les réseaux sociaux, de nombreux agriculteurs se sont également photographiés en route vers le lieu de l’incendie pour venir en aide aux pompiers.Le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin a salué leur mobilisation « impressionnante ». « Quand on voit comment c’était ce matin et comment c’est maintenant on ne peut être que choqué », a-t-il regretté auprès de l’AFP.Comme une grande partie de l’Europe, la Belgique a souffert ces derniers jours d’un nouvel épisode de fortes chaleurs. Le mercure est monté jusqu’à 37 °C dans certaines parties du pays vendredi.Cet incendie ne se situe qu’à quelques dizaines de kilomètres à vol d’oiseau d’un autre brasier, dans l’ouest de l’Allemagne. Celui-ci a provoqué l’évacuation vendredi d’environ 1 800 personnes, les flammes se trouvant alors toutes proches des premières maisons de la ville de Hürtgenwald.