Sur sa nuque, derrière son oreille droite, Karen Crandall arbore deux fers à cheval tatoués. La mairesse de Saint-Armand est l’une des organisatrices de la foire agricole de Bedford. Depuis 1824, l’événement se déroule bon an, mal an. Les autres expositions agricoles ne sont pas beaucoup plus récentes. Pourtant, bien des gens n’ont jamais mis les pieds dans ces fêtes colorées de la ruralité.Des expos agricoles, il y en a tout l’été. Chacune possède ses particularités. D’Ormstown à Calixa-Lavallée, de Landrienne à Saint-Hyacinthe, elles se succèdent jusqu’à l’automne. Dans les prochaines semaines se tiendront les foires de Cookshire, de Brome, d’Ayer’s Cliff et de Richmond, pour ne nommer que celles-là. La plupart sont quasi bicentenaires.
Au XIXe siècle, la création de ces foires s’inscrivait dans l’idée que, pour faire progresser l’économie de l’agriculture, il fallait mettre les cultivateurs en concurrence. Tout en récompensant les meilleurs animaux et les meilleurs produits locaux, les agriculteurs échangeaient alors sur leurs manières de mieux faire.À l’Expo Brome, Karen Crandall commandite des compétitions équestres. « Avec mon fils et mes petits-enfants, on a aussi l’habitude de participer au moins aux expos agricoles d’Ormstown, de Bedford, de Cookshire, de Richmond et de Brome. Mais maintenant que je suis devenu mairesse, c’est difficile de tout faire comme avant. »Des vaches chez le coiffeurPour plusieurs, les foires constituent une tradition à laquelle ils sont initiés dès l’enfance. « Je suis là-dedans depuis que je sais marcher », affirme en riant Amanda Patenaude. Installée dans une tribune qui surplombe la piste de sable des chevaux, elle tient le micro et annonce les participants et les gagnants. Elle alterne de l’anglais au français, sans pour autant que la langue de Shakespeare disparaisse totalement au passage.








