Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Le Monde Afrique Le Monde Afrique Maroc Maroc Maroc A Tétouan, les familles se désespèrent après la mort de nombreux hommes qui ont tenté le passage à la nage jusqu’à l’enclave espagnole, fin juillet. Au total, plus de 140 d’entre eux auraient perdu la vie, selon une ONG marocaine. Malgré ces drames, beaucoup rêvent encore de gagner clandestinement l’Europe. Article réservé aux abonnés « Habibi, mon chéri ! Ce n’est pas lui, ça ne peut pas être mon fils… » Lorsque le cercueil d’Ayman approche de la maison familiale, mardi 11 août, à Tétouan, dans le nord du Maroc, sa mère s’effondre dans la ruelle. Sur les hauteurs de la ville, les maisons modestes du quartier d’El-Barbarin s’accrochent aux pentes du Jbel Dersa. En quelques heures, plus d’une centaine de personnes sont venues présenter leurs condoléances. Les maisons des voisins sont ouvertes pour les accueillir, et des tabourets sont posés dehors. Du pain et des dattes circulent, tandis qu’une récitation du Coran couvre les sanglots de la famille. Ayman Ait Amr avait 18 ans. Son corps a été rejeté par la mer après sa tentative de rejoindre Ceuta à la nage. Fin juillet, durant deux jours, des dizaines de milliers de Marocains ont rejoint, en nageant sur une distance de 3 à 4 kilomètres, l’exclave espagnole en territoire marocain, sur fond de rumeurs évoquant une suspension des expulsions par la justice espagnole. Les images de ces jeunes hommes – pour la plupart – arrivant sur les plages de Ceuta, certains tenant encore des bouées, ont fait le tour du monde, tout comme celles montrant les mêmes, quelques jours plus tard, attendant de retraverser la frontière dans l’autre sens, visages fermés. Il vous reste 81.24% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« On est en train de perdre notre jeunesse » : dans le nord du Maroc, l’ombre des noyés de Ceuta
A Tétouan, les familles se désespèrent après la mort de nombreux hommes qui ont tenté le passage à la nage jusqu’à l’enclave espagnole, fin juillet. Au total, plus de 140 d’entre eux auraient perdu la vie, selon une ONG marocaine. Malgré ces drames, beaucoup rêvent encore de gagner clandestinement l’Europe.






