Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Éclipse Éclipse Éclipse Tribune Miho Janvier Astrophysicienne Le phénomène visible notamment depuis la France est, pour les scientifiques, l’occasion de tester leur capacité à prédire l’activité du Soleil, explique la membre de la mission spatiale Solar Orbiter, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 08h00, modifié à 10h29 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Une lumière dorée inondant le paysage presque martien offert par la précordillère des Andes argentines, puis, en quelques secondes, un anneau de diamant céleste, suivi d’un soleil noir : ma première expérience d’une éclipse totale de Soleil, observée depuis l’Amérique du Sud en juillet 2019, est imprimée dans ma mémoire, comme un rêve qui n’aurait jamais eu lieu tant ce phénomène est aussi insaisissable que féerique. Mon métier, étudier notre Soleil, aurait pourtant dû me préparer à un tel spectacle. Les clichés de notre étoile ne manquent pas, et les sondes spatiales qui transportent à leur bord des instruments sophistiqués ne cessent de dévoiler son atmosphère riche de détails. Mais une éclipse totale de Soleil invoque une expérience transcendante, vieille comme l’humanité. En témoignent les cris de joie de mes collègues – certains pourtant chasseurs d’éclipse aguerris – lors de la « totalité », ce moment où la Lune recouvre parfaitement le disque solaire. Sous mes yeux ébahis, l’objet de mon étude se dévoile alors enfin : la couronne solaire. Ce halo brumeux que chacun peut apercevoir lors de la totalité est un univers à part entière : s’élevant à quelques millions de degrés et structurée par le champ magnétique généré au sein de notre étoile, l’atmosphère solaire fait littéralement la pluie et le beau temps dans le Système solaire. C’est de là qu’émane un écoulement permanent, appelé « vent solaire », qui se propage jusqu’aux confins de notre système solaire. La Terre elle-même y baigne ; et quand ce vent solaire s’agite sous l’effet de tempêtes magnétiques générées dans la couronne de notre astre, les conséquences sont nombreuses : outre que c’est source d’aurores polaires [boréales au nord ou australes au sud], cela peut aussi fortement affecter nos technologies, telles que les satellites, les réseaux électriques et les communications radio. Il est donc essentiel de mieux comprendre cette couronne solaire. D’où l’intérêt des éclipses totales, qui révèlent cette atmosphère normalement noyée par l’éclat du disque solaire, un million de fois plus brillant. Il vous reste 67.71% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Miho Janvier, astrophysicienne : « L’éclipse totale de Soleil du 12 août est un moment de vérité pour notre communauté scientifique »
TRIBUNE. Le phénomène visible notamment depuis la France est, pour les scientifiques, l’occasion de tester leur capacité à prédire l’activité du Soleil, explique la membre de la mission spatiale Solar Orbiter, dans une tribune au « Monde ».














