Premier rôle dans le prochain long métrage de Sarah Polley, la star de la pop s’inscrit dans une longue tradition qui mène les célébrités de la musique vers le cinéma. Billie Eilish le 28 avril 2026 à Londres, à l’occasion d’un concert de sa tournée « Hit Me Hard And Soft ». Photo Lia Toby/Getty Images Par Maelis Pinto Publié le 11 août 2026 à 18h09 Pull rouge rétro, jupe corolle à carreaux, perles aux oreilles, rouge à lèvres carmin… Adieu vêtements baggy et teinture noire : Billie Eilish est métamorphosée pour ses débuts au cinéma. Récemment aperçue à Toronto sur le tournage de l’adaptation par Sarah Polley (Stories We Tell, Women Talking) de La Cloche en détresse, unique roman de Sylvia Plath, l’artiste de 24 ans incarnera Esther Greenwood. Un premier grand rôle qui n’a rien d’anodin. Dans les années 1950, Esther Greenwood, étudiante de 19 ans et lauréate d’un concours de poésie, sombre dans une dépression profonde lors d’un stage dans un grand magazine de mode à New York. Or, comme chez Plath, les troubles mentaux traversent les chansons de Billie Eilish, de Everything I Wanted à Listen Before I Go. Billie Eilish avait déjà fait quelques apparitions devant la caméra, notamment en 2023, dans la série Swarm, où elle incarnait Eva, une cheffe de culte queer. Mais ce sont ses musiques qui lui ont ouvert les portes de Hollywood : No Time To Die, pour le James Bond Mourir peut attendre (2020), puis What Was I Made For ?, pour Barbie (2023), ont décroché l’Oscar de la meilleure chanson originale. La voici actrice, un pas que d’autres ont franchi avant elle. Au début de l’année, la star du Sundance Film Festival fut Charli XCX. L’icône hyperpop figurait dans trois films présentés : le vrai-faux documentaire The Moment (Aidan Zamiri), la comédie criminelle The Gallerist (Cathy Yan), avec Jenna Ortega et Natalie Portman, et le thriller érotique I Want Your Sex (Gregg Araki). La chanteuse de Brat crève aussi l’écran dans Eruption (Pete Ohs), romance mélancolique sortie fin juin. Billie Eilish, au centre, sur le plateau de tournage de « La Cloche en détresse », réalisé par Sarah Polley. Backgrid USA/Bestimage Un cas plus spectaculaire encore : celui de Teyana Taylor. En parallèle d’une carrière dans le R’n’B en demi-teinte, elle a remporté en janvier le Golden Globe de la meilleure actrice dans un second rôle pour Une bataille après l’autre (Paul Thomas Anderson). Récemment, les rappeurs Kid Cudi (dans X, de Ti West) et Tyler, The Creator (dans Marty Supreme, de Josh Safdie) sont apparus au grand écran sous l’impulsion d’A24, un studio de cinéma qui possède aussi son label musical. Avant eux, Will Smith, vedette du rap sous le pseudo de The Fresh Prince, a enchaîné les blockbusters (Bad Boys, Independence Day, Men in Black, Ennemi d’État), et Queen Latifah a été nommée pour l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour Chicago. Les exemples sont légion, tous styles confondus. Ariana Grande incarne ainsi Glinda dans Wicked (2024), et elle donne la réplique à Robert De Niro et Ben Stiller dans Mon beau-père, ma belle-fille et moi. Harry Styles a débuté dans Dunkerque, de Christopher Nolan, et il partage l’affiche avec Florence Pugh dans Don’t Worry Darling, d’Olivia Wilde. Lady Gaga, enfin, depuis ses débuts dans A Star is Born, qui lui a aussi permis d’empocher un Oscar de la meilleure chanson originale, est désormais une actrice à part entière, de House of Gucci, de Ridley Scott, à Joker : Folie à deux, de Todd Phillips. Protégée de Taylor Swift, Gracie Abrams débutera quant à elle dans Please, le prochain long métrage d’Halina Reijn (Babygirl et Bodies, Bodies, Bodies), également produit par A24. La chanteuse Ariana Grande dans « Wicked 2 ». Photo Giles Keyte/Universal Pictures Il faut croire que les chanteurs aiment le cinéma, qui apprécie de profiter de leur notoriété, car le phénomène n’est pas nouveau. Dès 1956, dans Le Cavalier du crépuscule, qui inaugura une filmographie plus quantitative que qualitative, Elvis Presley a donné le ton. Barbra Streisand a même fini par cumuler les casquettes de chanteuse, comédienne, réalisatrice, productrice. Révélée en 1985 dans Recherche Susan désespérément, Madonna a obtenu un Golden Globe de la meilleure actrice pour Evita, d’Alan Parker, et Cher un Oscar pour Moonstruck, de Norman Jewison. Debbie Harry (Blondie) apparaît dans plus de trente films, du culte Vidéodrome, de David Cronenberg, au satirique Hairspray, de John Waters, et Whitney Houston a affolé le box-office dans Bodyguard, avec Kevin Costner. En France aussi. Comme Elvis, Johnny Hallyday a enchaîné les rôles, des Parisiennes en 1962 jusqu’à Chacun sa vie, de Lelouch, sorti quelques mois avant sa mort en 2017. Alain Souchon dans L’Été meurtrier avec Isabelle Adjani, Jacques Dutronc dans le post-apocalyptique Malevil en 1981, Vanessa Paradis remportant le César du meilleur espoir féminin en 1990 pour son premier rôle dans Noce Blanche, de Brisseau, aujourd’hui Benjamin Biolay ou Louane… On passe sur les actrices et acteurs qui se sont lancés dans la chanson, le rock ou le rap, pas toujours pour le meilleur. Musique Cinéma Billie Eilish Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus
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