Les flux migratoires massifs de mai 2021 et, plus récemment, du 30 juillet 2026, ont une nouvelle fois placé les deux enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla au cœur du débat public euro-méditerranéen.

Ces événements tragiques soulèvent des questions qui dépassent largement la seule question migratoire. Ils renvoient à la longue histoire des relations entre le Maroc, l'Espagne et l'Europe, ainsi qu'à la question plus générale de la persistance de territoires européens sur le continent africain.

Les drames humains liés aux tentatives de franchissement des frontières de Ceuta et de Melilla doivent naturellement être considérés avant toute analyse. Des hommes, des femmes et des enfants, souvent poussés par la pauvreté, le désespoir ou l'absence de perspectives économiques, ont trouvé la mort ou ont été blessés en tentant de rejoindre l'Europe.

La réponse à de telles tragédies ne saurait se limiter au renforcement des dispositifs de surveillance et à l'adoption d'une approche exclusivement sécuritaire de la gestion des frontières. Elle exige également une réflexion sur les causes structurelles des migrations, sur les inégalités entre les deux rives de la Méditerranée et sur la responsabilité partagée des États européens et africains.