La soeur de Catherine Frot s’est éteinte vendredi 7 août, à 68 ans, au terme d’une longue carrière de « second rôle » mêlant théâtre, télé et cinéma. Dominique Frot au Festival de Deauville en 2023. LOIC VENANCE / AFP Par Marie Sauvion Publié le 09 août 2026 à 13h54 Enfants, les soeurs Frot se ressemblaient comme deux gouttes d’eau. Ce week-end, c’est à Catherine, ainsi qu’à leur frère, Jacques, qu’est revenue la triste tâche d’annoncer la mort de Dominique, à seulement 68 ans, survenue vendredi 7 août, à Paris, des suites de maladie. Née le 23 août 1957 à Rochefort (Charente-Maritime), Dominique Frot avait embrassé la même carrière que son aînée, alternant durant quarante-cinq ans théâtre, télé et cinéma, sans atteindre cependant la même célébrité, ni décrocher le jackpot du grand rôle qui change tout − en l’occurrence, pour Catherine, celui d’Un air de famille (Cédric Klapisch, 1997) avec son César à la clé. « Pour ma soeur, ça a été un peu difficile. La notoriété d’un des membres d’une famille n’est pas toujours une bonne nouvelle pour les autres », confiait la vedette à Paris Match en 2020. Cette année-là, l’hedbdomadaire réunissait les Frot sisters à l’occasion de la sortie d’un film, le tout premier à les associer à l’écran : Sous les étoiles de Paris. Catherine y jouait une SDF et Dominique, une prostituée. « Le fait d’être totalement grimées et déguisées faisait écho à nos jeux d’enfants », se réjouissait alors la première. Jusqu’à ce conte poético-politique ancré dans la misère, réalisé par Claus Drexel, c’était chacune sa voie, quand bien même Dominique, douée pour les sciences, pianiste virtuose, avait suivi les pas de sa frangine en choisissant finalement le théâtre, à l’orée des années 1980. De Mortelle randonnée à Titane Sur les planches, la « petite » a pratiqué son art sous la direction de Jacques Lassalle, Claude Régy, Catherine Marnas ou Luc Bondy, tandis que sa filmographie s’étend de Mortelle randonnée (Claude Miller, 1983) à Titane (Julia Ducournau, 2021), en passant par La Cérémonie (Claude Chabrol, 1995), The Smell of us de l’Américain Larry Clark (2015), Les Pires (Lise Akoka et Romane Guéret, 2022) ou, tout récemment, Dites-lui que je l’aime, de Romane Bohringer. Une apparition par ci (God Save the Tuche), une série par là − elle fut la proviseure acariâtre de la série Soda avec Kev Adams −, une voix dans un beau dessin animé (Louise en hiver, de Jean-François Laguionie, en 2016)... Un inventaire auquel il faut absolument ajouter Captives, d’Arnaud Despallières, il y a deux ans, sur les « folles » internées à la Salpêtrière à la fin du XIXe siècle. Sa présence éraillée et sa drôle de bobine, plus aiguisée, plus douloureuse, que la bouille familière de Catherine, lui valaient souvent des propositions de drames. Le 21 octobre, Karma, de Guillaume Canet, viendra encore confirmer la puissance émotionnelle de Dominique Frot, quelle que soit la taille du rôle. Cinéma Télévision Théâtre Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus