En juin 2022, la Thaïlande est devenue le premier pays asiatique à légaliser le cannabis. L'objectif de Bangkok : développer une filière d'herbes à usage médical et relancer l'économie agricole. Les narcotrafiquants, eux, y ont très vite repéré une opportunité criminelle, d'autant que l'herbe de cannabis thaïlandaise apparaît plus rentable et plus qualitative, analyse l'Office anti-stupéfiants (OFAST) de la direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) dans une note consultée par RTL.

La France est ainsi confrontée à une forte augmentation des importations de cannabis thaïlandais avec 1,4 tonne saisie en 2024 et 2,5 tonnes en 2025, soit une hausse de 79%. Au 1er juillet 2026, 2,1 tonnes d'herbe de cannabis thaïlandaise ont déjà été saisies. Le trafic s'opère majoritairement par mules aériennes au profil "passe-partout" le plus souvent des hommes, sans antécédents judiciaires, recrutés sur des messageries cryptées et voyageant seuls avec des billets achetés au dernier moment.

Leur point commun : tous ont un bagage unique à forte contenance et déclarent livrer les bagages à un destinataire inconnu à l'arrivée. L'herbe est conditionnée sous vide, dans des sachets thermo-soudés. Chaque mule est rémunérée entre 2.500 et 5.000 euros pour un aller-retour, une mule peut transporter entre 10 et 50 kg de cannabis par voyage.