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PortraitLors du grand incendie qui a frappé la Gironde, le volcanique patriarche de 79 ans a refusé d’évacuer la presqu’île du bassin d’Arcachon et a édifié de son propre chef un pare-feu. Une attitude bien dans ses habitudes : depuis quarante ans, l’ex-homme d’affaires construit une digue controversée pour préserver la langue de sable des assauts de l’océan.

Assis sur un canapé, jambe tendue, Benoît Bartherotte se fait couper les ongles de pied. Dans une ample chemise bleue en lin recouvrant un court short de bain, l’homme, barbe blanche et teint bronzé, s’est installé sous le porche de sa « cabane », une charmante maison de plain-pied. Avec un hâbleur de son acabit, les interviews peuvent s’étaler sur plusieurs heures, voire plusieurs jours, alors autant prendre ses aises : va pour une séance de pédicure.

Le décor est raccord, qui s’étire à perte de vue, le long des dunes. En cette fin juin, des pins et des palmiers filtrent les rayons de soleil. Au sol, des fougères fatiguées par la dernière canicule. La cabane est située à la pointe du Cap-Ferret, fine langue de sable défiant l’océan, point le plus à l’ouest du département de la Gironde, à l’extrémité du bassin d’Arcachon. Ce petit coin de paradis, étendu sur plus de 4 hectares, appartient à Benoît Bartherotte et à sa femme, Elisabeth, dite « Zaza ».