Le premier ministre canadien interprète les propos du président américain Donald Trump, selon qui « le Canada est salaud [nasty] », comme une preuve que son gouvernement joue dur à la table des négociations commerciales.« C’est une négociation tough [ferme]. Ils peuvent disent “nasty”. […] Ça, c’est le contexte des négociations, “nasty”, si on veut », a convenu Mark Carney en marge de sa visite d’une aluminerie à Saguenay, jeudi.Il commentait ainsi les quelques mots d’insultes prononcés par le président Trump lors d’un discours-fleuve tenu à Las Vegas la veille. « J’aime les tarifs ! Nous nous faisions arnaquer par les droits que tout le monde nous imposait, par la Chine, par le Japon, par la Corée du Sud, par l’Allemagne, par tout le monde… [Et] par le Canada ! Le Canada est salaud. J’aime les gens, mais ils sont salauds. Des dirigeants salauds. »Donald Trump avait déjà utilisé ce mot en plein visage de Mark Carney lors de sa dernière visite à la Maison-Blanche, le 7 octobre 2025, en qualifiant M. Carney de « leader de classe mondiale » qui « peut être nasty ». Le dictionnaire Larousse offre aussi « méchant » ou « vilain » comme traduction possible de ce mot.Devant les journalistes, jeudi, le premier ministre canadien s’est gardé de donner beaucoup de détails supplémentaires sur les négociations en cours à Washington, dont le rythme s’est accéléré à la suite de la menace de nouveaux droits de douane américains qui doivent théoriquement entrer en vigueur dans moins de deux semaines.M. Carney a toutefois révélé que le secteur forestier est évoqué dans « chaque discussion avec les Américains », rejetant l’idée que ce secteur, important pour toutes les provinces canadiennes, pourrait être mis de côté pour faire place à un accord sectoriel sur l’acier et l’aluminium. « Le Canada, nous sommes un pays, tout est connecté. Il faut faire des progrès dans le secteur forestier, point final », a-t-il promis.Les discussions en cours, menées par le ministre Dominic LeBlanc, sont qualifiées de « détaillées » et « globales ». « On a des choses que les Américains veulent. Ils disent qu’ils n’en veulent pas, mais ils [les] veulent. Les minéraux critiques, par exemple. L’énergie, la potasse, tout cela. »M. Carney insiste sur ses efforts consacrés au renforcement de l’économie et à la diversification des exportations, pour lesquels on commence tout juste à voir les fruits, selon lui. « Nous avons une démonstration ici [à l’usine de Rio Tinto de Saguenay] que nous avons des options. […] C’est d’investir dans l’avenir, dans la durabilité. »Une nouvelle phase de la guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada a commencé à la fin juillet avec l’annonce par Washington de l’imposition de surtaxes de 50 % sur une variété de produits canadiens dès le 19 août. Ottawa n’y a pas immédiatement répliqué, comme en imposant ses propres contre-mesures tarifaires. Il n’exclut toutefois pas d’y recourir si ces droits entrent effectivement en vigueur, comme l’avait fait l’ancien premier ministre Justin Trudeau au début de l’année 2025.Le chef de l’opposition officielle, Pierre Poilievre, tenait son propre point de presse en matinée. Il n’a pas voulu dire s’il préconise une approche plus agressive dans les discussions commerciales, mais a critiqué le gouvernement Carney pour avoir fait « concessions après concessions » hors de la table de négociation formelle.
Mark Carney reconnaît que les négociations avec les États-Unis sont «sales»
Le premier ministre assure que le secteur forestier est évoqué dans «chaque discussion» avec Washington.










