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DécryptageLe développement tous azimuts de la néobanque bouscule les acteurs traditionnels du secteur. Il inquiète aussi les régulateurs chargés de combattre le blanchiment d’argent.

Les bureaux londoniens de Revolut sont flambant neufs. Ils sont aussi quasi vides. La néobanque, qui s’est installée en septembre 2025 dans le quartier financier de Canary Wharf, à deux pas de la Tamise, laisse à ses salariés la liberté de travailler d’où ils veulent, autant de jours qu’ils le souhaitent. Les plus nomades peuvent même s’évader six semaines par an à Bali (Indonésie) ou à Tulum (Mexique), sous réserve de suivre le rythme impitoyable imposé par le fondateur, Nik Storonsky, un ancien champion régional de natation connu pour son mépris de la « bienveillance » et son culte de la performance.

Un contraste saisissant avec les banques traditionnelles, qui sont largement revenues du télétravail depuis la pandémie de Covid-19. Plus de deux tiers des effectifs de Revolut (13 000 collaborateurs dans le monde) préfèrent ainsi ne jamais venir au bureau. Les grands patrons sont aussi dispersés que les autres. « Notre siège à Londres a été inauguré en septembre. Je n’y suis venu que deux fois depuis », témoigne Antoine Le Nel, directeur marketing du groupe, qui travaille depuis Barcelone, en Espagne. L’ingénieur français n’a, quoi qu’il en soit, pas le profil classique du banquier : sans costume ni cravate, il a passé la plus grande partie de sa carrière à développer le jeu vidéo Candy Crush Saga. C’est pour dupliquer cet immense succès sur téléphone mobile que Revolut l’a débauché. Le principe est le même : un service de base gratuit qui devient de plus en plus cher à mesure que le client réclame de nouveaux services – un modèle baptisé « Freemium ».