Giorgia Meloni et Mette Frederiksen n'ont que très peu de choses en commun. L'une dirige un gouvernement d'extrême droite, en Italie. L'autre, celui social-démocrate du Danemark. L'une est proche de Donald Trump, malgré quelques crispations sporadiques. L'autre abhorre le président américain, qui rêve de lui dérober le Groenland. L'une est contre l'avortement. L'autre pour. Etc., etc. Pourtant, les deux Premières ministres ont une relation des plus courtoises, voire chaleureuses. Au sein de l'Union européenne, ce duo détonne. Sur leur compte Instagram, on les voit poser toutes les deux, souriantes, pour un selfie en plein Conseil européen.
Si tout les oppose, la Scandinave et l'Italienne se retrouvent sur un point : la lutte contre l'immigration illégale. Leur cheval de bataille. Alors, quand des dizaines de milliers de personnes ont traversé la frontière de Ceuta pour entrer sur la petite enclave espagnole coincée au nord du Maroc la semaine dernière, il n'est pas étonnant que les deux dirigeantes aient pris la plume pour alerter sur la situation.
Dans un courrier adressé le 1ᵉʳ août aux trois têtes de l'exécutif européen (Ursula von der Leyen pour la Commission européenne, António Costa pour le Conseil européen, et le Premier ministre irlandais, Micheál Martin, à la tête de la présidence tournante du Conseil de l'UE), Meloni et Frederiksen ont demandé une réunion d'urgence des ministres de l'Intérieur européens pour évoquer la crise migratoire de Ceuta. Plus tôt, elles avaient demandé, chacune de leur côté, la suspension de l'Espagne de l'espace Schengen pour protéger leurs propres frontières.












