Monde Proche et Moyen-OrientMoyen-Orient. Après des mois d'escalade militaire et de menaces répétées, le chef d'Etat américain affirme reprendre les négociations avec l'Iran, ce que Téhéran dément.Publié le 03/08/2026 à 11:53Le président américain, Donald Trump, dit vouloir reprendre les négociations avec le régime des mollahs.REUTERSLa scène semble se répéter inlassablement. Dimanche 2 août, Donald Trump a annoncé que des discussions avec l'Iran devaient se tenir dès ce lundi, sans toutefois préciser ni le lieu ni les participants. Le président américain s'est aussi refusé à fixer un quelconque ultimatum au régime des mollahs.S'exprimant devant les journalistes à bord d'Air Force One, de retour à Washington après un week-end dans sa résidence du New Jersey, Donald Trump a insisté sur sa préférence pour une solution négociée. "Est-ce que je préférerais conclure un accord ? Je n'ai pas envie de tuer des gens (…) Beaucoup de personnes meurent, et nous ne voulons pas cela", a-t-il martelé. Le président américain a également affirmé avoir été prêt à lancer "la plus vaste attaque militaire depuis la Seconde Guerre mondiale", avant d'y renoncer sous la pression des alliés des États-Unis, rapporte le Wall Street Journal.Depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par la campagne de bombardements menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, Donald Trump souffle le chaud et le froid. À plusieurs reprises, il a assuré qu'un accord avec Téhéran était imminent, avant qu'un protocole signé en juin ne vole rapidement en éclats, les deux camps s'accusant mutuellement d'en avoir violé les termes. Parallèlement, le président américain n'a cessé de brandir la menace d'une intensification des frappes, évoquant encore en juillet la possibilité de viser les infrastructures énergétiques du pays.L'Iran dément une reprise du dialogueDe son côté, la diplomatie iranienne a contredit ce lundi les propos tenus par Donald Trump, démentant que des négociations étaient prévues : "Nous ne négocions pas avec les Etats-Unis en ce moment. Nous négocions avec Oman pour sécuriser un passage dans le détroit d’Ormuz", a affirmé le porte-parole du ministère des affaires étrangères iranien, Esmaeil Baghaei. "Tous les négociateurs iraniens se trouvent en Iran", a-t-il ajouté, précisant aussi que le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, partait le jour même en pèlerinage.Dimanche, quelques signaux d'ouverture étaient apparus concernant le détroit d'Ormuz. Selon les médias d'État iraniens, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a indiqué que les discussions avec Oman sur un mécanisme de passage des navires dans le détroit étaient entrées dans leur "stade ultime". Il s'est également entretenu avec son homologue saoudien, le prince Faisal ben Farhane, au sujet de nouvelles mesures de désescalade. Les autorités iraniennes restent toutefois prudentes : le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a assuré que les discussions avec Oman portaient sur une nouvelle route maritime et n'avaient "aucun lien" avec l'ouverture ou la fermeture du détroit.Un conflit qui fait tache d'huileLa priorité est la réouverture de cet axe stratégique dont la paralysie a fait grimper les prix de l'essence et contraint les États-Unis à puiser dans leurs réserves de pétrole. À trois mois des élections de mi-mandat, les républicains au Congrès pressent également la Maison-Blanche de clarifier les objectifs de cette guerre et la manière d’y mettre fin, alors que 18 militaires américains ont été tués depuis février. "Le président a choisi de s’attaquer à un pays bien plus puissant que, disons, l’Irak de Saddam Hussein en 2003, tout en déployant une force bien moindre que celle utilisée pour renverser le gouvernement irakien", souligne le New York Times. La crise est d'autant plus sérieuse que le conflit s'est progressivement étendu à l'ensemble de la région. Plusieurs milliers de personnes ont été tuées, principalement en Iran et au Liban, où Israël mène une campagne militaire distincte et occupe le sud du pays depuis mars. En juillet, les attaques des Houthis en mer Rouge ont encore aggravé les tensions, tandis que Washington bombardait l'Iran pendant treize nuits consécutives et frappait également des groupes armés chiites en Irak en coopération avec l’Arabie saoudite. Reste à savoir si une tentative de reprise du dialogue aboutira là où les précédentes ont échoué. Pour Vali Nasr, spécialiste de l'Iran à l'université Johns Hopkins interrogé par le Wall Street Journal, le président américain cherche désormais une porte de sortie : "Il tente actuellement la voie diplomatique pour éviter une escalade militaire. Mais il n'existe aucune issue claire, permettant à Trump de se retrouver en position de proclamer la victoire." Un énième changement de cap qui alimente les interrogations sur la stratégie du locataire de la Maison-Blanche.
Guerre en Iran : Donald Trump dit relancer la voie diplomatique, Téhéran le contredit
Après des mois d'escalade militaire et de menaces répétées, le chef d'Etat américain affirme reprendre les négociations avec l'Iran, ce que Téhéran dément.












