Publié le 01 août 2026 à 10:08. / Modifié le 01 août 2026 à 18:08.

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Les ministres de l’Intérieur des pays de l’UE se réuniront mardi en visioconférence afin d’échanger «sur les développements à Ceuta», a annoncé l’Irlande, qui assure la présidence tournante de l’UE, samedi. Par missives interposées, l’Espagne, puis un groupe de 22 pays, dont l’Italie et le Danemark, ont tour à tour réclamé cette réunion afin d’échanger sur la crise migratoire dans cette enclave espagnole et les tensions diplomatiques qui en ont suivi.L’Italie et la France durcissent samedi leurs contrôles aux frontières avec l’Espagne après l’entrée illégale cette semaine de près de 60 000 migrants en provenance du Maroc dans l’enclave espagnole de Ceuta. De quoi ouvrir une crise au sein de l’Union européenne. Vendredi soir, le ministère espagnol de l’Intérieur a annoncé que plus de 48 000 d’entre eux étaient rentrés au Maroc et depuis le milieu de la nuit, des centaines, surtout des jeunes, ont commencé à être renvoyés à bord de dizaines d’autobus.

Une ONG demande une enquête indépendante

L’Association marocaine des droits humains (AMDH) a appelé samedi à l’ouverture d’une enquête indépendante afin de faire «toute la lumière» sur les causes de l’afflux inédit de migrants survenu entre la ville marocaine de Fnideq et l’enclave espagnole de Ceuta.La crise à Ceuta a fait au moins 67 morts, selon les autorités espagnoles. L’AMDH, qui annonce «près de 130 victimes» ainsi que des dizaines de disparus, a appelé dans un communiqué à «ouvrir une enquête sérieuse et indépendante afin de faire toute la lumière sur les circonstances et les causes ayant conduit aux récentes vagues d’exode, et établir les responsabilités».Elle condamne aussi «le silence inquiétant des responsables et des institutions» du pays – qui n’ont toujours pas réagi publiquement à la crise – estimant que ce mutisme a contribué à créer l’énorme afflux de gens cherchant à émigrer. Une source proche du milieu associatif a déclaré à l’AFP que «la façon dont les choses se sont passées» laissait penser que ces arrivées massives à la frontière n’avaient pas pu se produire sans l'«accord des autorités» marocaines.L’ONG dit tenir l’Etat marocain «pleinement responsable» de la situation ayant conduit à cet afflux, alimenté par «la colère populaire face à l’échec des politiques» du pays, qui connaît une forte croissance mais encore beaucoup d’inégalités et un fort taux de chômage.