185 maisons brûlées dans la commune girondaine du Porge, 33 autres dans le Var... La saison des incendies, particulièrement violente, n'aura pas épargné les habitations. Alors que les sapeurs-pompiers luttent toujours sans relâche pour endiguer les flammes, la question des assurances va rapidement se poser pour les sinistrés. Et ces derniers peuvent déjà tirer un trait sur la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle ; les feux de forêt ne remplissent pas les critères.

La comparateur Assurland est formel : "L'incendie ne relève pas du régime des catastrophes naturelles, même lorsqu'il est favorisé par une sécheresse exceptionnelle." En effet, selon une circulaire d'un ministère de l'Intérieur diffusée en 2024, "Les dommages provoqués par les incendies causés par la foudre ou les feux de forêt" font partie des "phénomènes exclus de la garantie catastrophe naturelle", et sont couverts "par la garantie incendie". En outre, le ministère dresse la liste exhaustive des phénomènes concernés par cette garantie, dite "régime Cat-Nat": les inondations, les mouvements de terrain, avalanches, séismes, cyclones...

9 feux 10 sont d’origine humaineCar comme le rappelle le site gouvernemental Géorisques, la garantie Cat-Nat ne concerne que les dommages matériels "non assurables ayant eu pour cause déterminante l'intensité anormale d'un agent naturel". Or, d'après le site Feux de forêts et d'espaces naturels, "l’incendie, lui, est le risque assurable par excellence". En outre, selon l'Observatoire des forêts françaises, les causes des incendies de forêt sont excessivement rarement d'origine naturelle : "En France métropolitaine, 9 feux 10 sont d'origine humaine, l’unique cause naturelle étant la foudre. Dans 70% des cas, ces feux ont pour origine une activité économique (chantiers de BTP, activités agricoles, réseaux électriques...) ou une activité du quotidien (mégots de cigarettes, barbecues ou feux de camps, incendie de véhicule ou de poubelle...). Les 30% des feux d’origine anthropique restants sont dus à des actes de malveillance."