Des milliers de personnes déferlent sur un petit bout de territoire encerclé par des barbelés. Ces derniers jours, les images d'immigrés franchissant la frontière avec l'Espagne pour atteindre la petite enclave de Ceuta, au nord du continent africain, ont fait le tour du monde. L'Espagne a dépêché des renforts sur place tandis que les capitales européennes s'inquiètent d'une arrivée massive d'individus entrés illégalement au sein de l'Union européenne.

Mais quel est ce territoire enclavé au nord du Maroc ? Et pourquoi est-il pris d'assaut par des milliers de personnes voulant quitter leur pays et rejoindre l'Europe ?

Une cité autonome mais pauvre d'EspagnePartie intégrante du royaume espagnol depuis 1580, l'enclave de Ceuta (coincée dans le nord du Maroc, comme celle de Melilla, à 400 kilomètres de là) a obtenu son statut d'autonomie en 1995, ce qui lui a permis d'avoir sa propre assemblée délibérante comme c'est le cas dans les régions autonomes espagnoles. Si la ville s'autogère, elle est néanmoins un territoire souverain de l'Espagne et appartient, par conséquent, à l'Union européenne.

Ce territoire de 20 km² est localisé au sud du détroit de Gibraltar, l'isthme qui rejoint la mer Méditerranée à l'océan Atlantique, en face de la pointe sud de la péninsule ibérique, et abrite quelque 84.000 habitants. Malgré son statut de port franc, la cité n'est pas particulièrement prospère. Le taux de chômage y est élevé (plus de 22% de la population active, contre 10% à l'échelle nationale). Le PIB par habitant est un des plus bas du pays (34.210 € par habitant en Espagne, seulement 23.000 € à Ceuta).